Bukavu À Nyamiera : le feu a tout pris : « Nous n’avons plus rien… »
Le feu de la cuisson de la viande par les enfants de la rue deriere la régi désolée dimanche 15 juin 2025 ©Photo Janvier BARHAHIGA
Il est un peu plus de 14 heures, ce samedi 14 juin, quand les cris retentissent dans les ruelles étroites de Nyamiera, dans la commune de Kadutu. Très vite, une fumée noire s’élève, puis des flammes s’emballent, dévorant tout sur leur passage. En quelques heures, près de 100 maisons sont réduites en cendres. Des familles fuient, des enfants pleurent, des parents cherchent à sauver ce qui peut encore l’être.
« Nous avons fui avec nos enfants, sans rien emporter »
Parmi les sinistrés, des femmes, des vieillards et des enfants, hagards, choqués, debout au milieu des décombres. Certains n’ont pu sauver qu’un seau, un matelas, une casserole… D’autres n’ont plus rien, pas même un vêtement de rechange.
« Le feu est venu trop vite. J’étais au marché. Quand je suis revenu, il ne restait plus que les murs noircis de ma maison », raconte les larmes aux yeux Mama Béatrice, mère de 6 enfants.
Le secteur catholique de la paroisse Sainte Trinité de Buholo n’a pas été épargné. Là aussi, des dizaines de familles vulnérables dorment désormais à la belle étoile, sans eau, sans nourriture, sans espoir immédiat.
Une blessure de plus pour un quartier habitué au malheur
Ce n’est pas la première fois que Nyamiera vit un tel drame. Depuis quelques années, les incendies se répètent, inexpliqués, brutaux, dévastateurs. Les habitants n’en peuvent plus.
Certains parlent de coup monté, d’un possible pyromane qui sèmerait le mal volontairement. D’autres évoquent des installations électriques défectueuses, mal entretenues, dangereuses. Mais il y en a aussi qui murmurent qu’un mal mystérieux plane sur le quartier.
« Peut-être qu’on est maudits… ou que quelqu’un veut vraiment notre perte », soupire Jean-Pierre, un père de famille qui a tout perdu dans l’incendie.
Les familles qui ont tout perdu ne demandent ni luxe ni confort. Juste un toit, un repas chaud, une couverture pour leurs enfants. Mais dans un contexte de pauvreté déjà extrême, même les familles voisines, souvent solidaires, ne peuvent plus faire face seules.
« Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés, aux humanitaires, à l’Église, à l’État… S’il vous plaît, ne nous laissez pas seuls », implore Modeste Muhiri, une figure du quartier.
Derrière chaque maison brûlée, il y avait une histoire, une famille, une vie simple mais digne. Aujourd’hui, ce sont des centaines de vies suspendues, dans l’attente d’un geste, d’un soutien, d’un espoir.
