Bukavu : Climate Clock, Rojecf, XR Bukavu, Cynesa et Jambo FM alertent les élèves sur les dangers du projet EACOP et des 55 blocs pétroliers en RDC
Cinq organisations engagées dans la défense du climat sont Climate Clock DRC, Rojecf, XR Bukavu, Cynesa et Jambo FM ont mené une vaste campagne de sensibilisation au Lycée Sainte Madeleine d’Essence à Bukavu, ce 5 décembre 2025 . Objectif : préparer les élèves du primaire et du secondaire à comprendre les risques liés au projet pétrolier EACOP et aux 55 blocs pétroliers et gaziers annoncés sur le territoire congolais.
Des jeunes en première ligne face à la crise environnementale
Pour Crispin Ngakani, point focal de Climate Clock DRC, l’initiative répond à une urgence éducative :
« La campagne vise avant tout à sensibiliser les élèves et les jeunes face aux pressions écologiques croissantes, à la dégradation de l’environnement et aux risques liés aux changements climatiques. Ils doivent comprendre ce qui se joue maintenant, pas dans vingt ans. »
Les animateurs ont présenté de manière accessible les conséquences de l’exploitation pétrolière : déforestation, pertes d’habitats naturels, pollution, et pressions supplémentaires sur les écosystèmes déjà fragilisés.

Un espace d’apprentissage citoyen
Les enseignants ont également été impliqués dans un module de renforcement des capacités sur la gestion environnementale et le rôle des écoles dans la prévention des risques climatiques.
Selon Wakengo Mulondani Marcel, enseignant de sciences sociales,
« L’école est un levier essentiel : si elle ne forme pas des citoyens capables d’analyser et d’anticiper les impacts écologiques, nous subissons au lieu d’agir. »
Quand les enfants résument l’essentiel avec un réalisme désarmant
Plus d’une centaine d’élèves ont participé. Leurs réactions ont montré un niveau de compréhension encourageant.
Sephora Mbola Watimbwa, élève de 6ᵉ primaire, a ramené le débat à son essence :
« Si on coupe les arbres, on ne peut plus respirer. Et si on exploite le pétrole n’importe comment, on tue les animaux. »
Son camarade Eskens Mwanga Isangi, lui aussi en 6ᵉ primaire, a ajouté :
« Si l’on coupe les arbres pour chercher du pétrole, les animaux vont fuir. »
Ces prises de parole illustrent la capacité des jeunes à saisir immédiatement le lien entre extraction pétrolière et destruction des écosystèmes.
Un engagement collectif pour une éducation climatique durable
Les cinq organisations affirment vouloir poursuivre ce type d’actions à Bukavu et dans d’autres écoles du Sud-Kivu. Une démarche qui vise à forger une génération informée, critique et prête à défendre ses forêts, sa biodiversité et son avenir face aux projets extractifs.
