Dans l’est de la RDC : des résidus de bombes contaminent les terres agricoles à Kamanyola
À Kamanyola, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, des résidus d’engins explosifs laissés après des affrontements armés compromettent l’utilisation des terres agricoles et exposent les agriculteurs à des risques persistants. Les combats, survenus entre le 2 et le 6 décembre 2025, ont opposé les rebelles de l’AFC/M23 aux forces gouvernementales dans cette zone frontalière fortement dépendante de l’agriculture de subsistance.
Plusieurs agriculteurs affirment avoir découvert dans leurs champs des fragments métalliques et non métalliques, identifiés comme des éclats de bombes. Ces résidus sont visibles notamment dans les zones agricoles de Nyarubale, où des cultures vivrières étaient en phase de croissance au moment des bombardements
Selon des témoignages recueillis sur place, les explosions ont détruit des semences et laissé des fragments enfouis dans le sol. « En travaillant dans nos champs, certains ont été blessés aux pieds par des éclats cachés sous la terre », explique Jeanine Bengeya, agricultrice à Kamanyola. Ces incidents ont conduit de nombreux paysans à suspendre ou réduire leurs activités agricoles par crainte d’accidents.
Au-delà des blessures physiques, la présence supposée d’engins non explosés alimente un climat de peur. Petro Machara, cultivateur dans la zone, évoque une insécurité durable : « Certaines terres contiennent encore des bombes non explosées visibles. Cela provoque une peur constante et empêche les gens de retourner aux champs. »
Cette situation pourrait avoir des conséquences à long terme sur la production agricole locale et la sécurité alimentaire. Dans une région où la majorité des ménages dépend directement des cultures pour leur subsistance, l’abandon temporaire ou prolongé des champs accentue la vulnérabilité économique et nutritionnelle des communautés rurales.
Des acteurs communautaires appellent à des opérations de dépollution explosive afin d’identifier et de neutraliser les engins non explosés, ainsi qu’à une évaluation environnementale des sols affectés. Ils soulignent également la nécessité d’un accompagnement psychosocial pour les agriculteurs, afin de faciliter la reprise des activités agricoles dans des conditions plus sûres.
Rédaction
