Fermeture de la frontière de RUZIZI : « Cette fermeture impact déjà à l’économie de nos ménages. »dit un natif de Bukavu vivant à Kamembe
La restriction des mouvements à la frontière de Ruzizi dans un contexte de prévention Ebola impact déjà sur les économies de ménages rapporte certains congolais vivant à Kamembe au Rwanda voisins contacté par www.bkinfos.cd ce 19 mai 2026.
« Je travaille en ligne et j’ai une boutique à Bukavu. Je suis obligé de confier la gestion à quelqu’un sur place. À la longue, cela impacte notre économie, car nous vivons de nos échanges quotidiens », confie un opérateur économique local.
Du côté des populations frontalières, une forme d’adaptation progressive s’installe.
Les autorités locales et sanitaires ont instauré un renforcement strict des mesures de contrôle aux points de passage reliant Bukavu (RDC) à Kamembe (Rwanda), notamment au niveau de la frontière de Ruzizi, dans le cadre des efforts de prévention contre la propagation d’Ebola.
Selon plusieurs sources locales, un système de réciprocité des restrictions de mouvement est désormais observé : les passages transfrontaliers sont fortement limités, voire suspendus, entre les deux pays pour les voyageurs ordinaires, dans une logique de barrière sanitaire.
Les déplacements seraient désormais essentiellement autorisés pour des catégories jugées essentielles, notamment les élèves, étudiants, personnel éducatif et agents de santé, avec des contrôles renforcés et des conditions strictes de circulation.
Dans la zone frontalière, cette situation commence à produire des effets économiques et sociaux visibles. Plusieurs commerçants et travailleurs indépendants opérant entre Bukavu et Kamembe évoquent déjà des perturbations importantes de leurs activités.
Des arrangements formels et des négociations seraient en cours pour les personnes disposant de titres de résidence de part et d’autre de la frontière, afin d’obtenir des facilités de circulation.
Les autorités locales évoquent une situation temporaire dictée par des impératifs de santé publique, dans un contexte de prévention contre une éventuelle propagation transfrontalière du virus.
Si ces mesures sont saluées par certains acteurs de santé comme nécessaires pour limiter les risques de contamination, elles soulèvent également des inquiétudes sur l’impact économique à moyen terme dans une région où les échanges transfrontaliers structurent fortement la vie quotidienne.
En attendant une évolution de la situation sanitaire, les populations des deux villes frontalières tentent de s’adapter à une nouvelle réalité faite de restrictions, de coordination administrative et d’incertitude sur la durée des mesures.
