RDC – Ebola : trois vaccins en développement contre la souche Bundibugyo, des avancées jugées prometteuses
La lutte contre la souche Bundibugyo du virus Ebola connaît une accélération scientifique avec le développement de trois vaccins actuellement en phase avancée d’étude, selon les autorités sanitaires africaines.
L’annonce a été faite par le directeur de l’Africa Centres for Disease Control and Prevention, le Dr Jean Kaseya, qui évoque des progrès susceptibles de transformer la réponse à l’épidémie en cours en République démocratique du Congo.
Deux candidats vaccins sont particulièrement cités : le vaccin ChAdOx, développé par l’University of Oxford, et le vaccin VSV-BDBV, conçu par des chercheurs aux États-Unis. Selon les premières projections, le ChAdOx pourrait être disponible dans un délai estimé à trois mois, une échéance jugée critique dans la maîtrise de la flambée épidémique.
Les experts évoquent également la possibilité d’une protection croisée, permettant aux vaccins en développement d’offrir une immunité partielle contre différentes souches d’Ebola, dont Bundibugyo. Une hypothèse encore en évaluation, mais considérée stratégique pour les futures campagnes de vaccination d’urgence.
Sur le plan scientifique, le Dr Jean-Jacques Muyembe met en lumière les facteurs environnementaux susceptibles de favoriser l’émergence des épidémies. Il souligne notamment l’impact du changement climatique sur les écosystèmes, entraînant une augmentation des populations animales comme les chauves-souris, identifiées comme réservoirs potentiels du virus.
Il évoque également des perturbations alimentaires et écologiques pouvant influencer la circulation des pathogènes et faciliter les transmissions zoonotiques.
Autre point d’alerte, les retards récurrents dans la détection des épidémies. Le virologue appelle à un renforcement des systèmes d’alerte précoce et à une implication plus large des acteurs sanitaires, estimant que la surveillance ne peut reposer uniquement sur le ministère de la Santé.
Par ailleurs, le Dr Kaseya a confirmé que des doses issues de programmes de recherche aux États-Unis et au Royaume-Uni devraient être acheminées en RDC dans les prochains jours. Une étape jugée décisive dans une riposte qui combine désormais urgence opérationnelle et avancées scientifiques.
