Kabare : à Mbobero, l’ASBL BADAM d’Esther Kubisibwa combine éducation et autonomie des familles vulnérables
À Mbobero, dans le territoire de Kabare, l’organisation Bâtisseurs d’Amour tente de répondre à un double défi : maintenir les enfants vulnérables à l’école et aider leurs parents à retrouver une autonomie financière.
Jeudi 15 mai, l’ASBL dirigée par Esther Kubisibwa a organisé une activité de soutien scolaire au Complexe Scolaire “Don de Dieu”, une école privée agréée implantée sur la colline de Muhinzo.
Dans cette partie rurale du Sud-Kivu, la pauvreté continue de fragiliser l’accès à l’éducation. Plusieurs parents peinent à payer les frais scolaires, tandis que certains chefs de ménages sont contraints de quitter leurs villages pour chercher du travail ailleurs.
Sur place, les responsables de BADAM disent avoir constaté l’absence de nombreux pères lors de la rencontre avec les familles. Une réalité qui, selon eux, traduit moins un désintérêt parental qu’une lutte quotidienne pour la survie économique.
Face à cette situation, l’organisation a choisi une approche qui dépasse la simple assistance ponctuelle.
Treize élèves vulnérables ont bénéficié d’un accompagnement ayant permis la poursuite normale de leur année scolaire. Mais BADAM a également remis aux parents bénéficiaires un fonds de démarrage destiné aux Activités Génératrices de Revenus (AGR).
L’objectif affiché est d’aider progressivement les familles à prendre elles-mêmes en charge les frais de scolarité de leurs enfants.
« Nous voulons planter l’amour sur la colline de Mbobero, mais aussi apprendre aux familles à devenir autonomes », a expliqué Esther Kubisibwa au cours de l’activité.
Le Complexe Scolaire “Don de Dieu”, initié par Namurhobo Makangara Immaculée, accueille aujourd’hui plusieurs centaines d’élèves, malgré des infrastructures encore incomplètes construites en partie grâce aux efforts communautaires.
L’année dernière déjà, BADAM avait mené des actions humanitaires à Cahi, notamment en faveur des familles vulnérables et des enfants souffrant de malnutrition.
Pour plusieurs parents rencontrés à Mbobero, cette aide représente bien plus qu’un appui financier.
« Cela redonne de l’espoir aux familles qui avaient déjà perdu confiance », a témoigné Nyota Mugaruka.
