Uvira : société civile et bouchers dénoncent les taxes excessives et les tracasseries dans les abattoirs
Une réunion de concertation s’est tenue ce samedi 9 mai 2026 à l’abattoir de Mulongwe entre des acteurs de la société civile d’Uvira, des associations de bouchers ainsi que des fournisseurs de bétail. Au centre des échanges : la multiplication des taxes, les tracasseries dans les abattoirs et la concurrence des viandes importées du Burundi.
Les participants ont particulièrement évoqué la situation dans les abattoirs de Kalimabenge, Mulongwe et Kavimvira, où les opérateurs dénoncent une pression devenue “insoutenable” dans un contexte déjà marqué par la crise sécuritaire et économique.
Selon les responsables des associations de bouchers et fournisseurs de vaches, moutons, porcs et chèvres, plusieurs services continueraient à imposer des taxes jugées excessives malgré les difficultés économiques actuelles.
Ils dénoncent également l’entrée de viandes en provenance du Burundi qui, selon eux, échapperaient souvent aux obligations fiscales locales, créant une concurrence qualifiée de déloyale pour les commerçants d’Uvira.
Au cours de la rencontre, plusieurs participants ont aussi rapporté des cas de menaces et de tracasseries attribuées à certains éléments Wazalendo présents dans les abattoirs.
« Certains viennent exiger une ration alimentaire ou de l’argent auprès des bouchers », a expliqué un participant sous couvert d’anonymat.
Malgré les engagements déjà pris par certaines autorités locales et provinciales, les opérateurs du secteur affirment que peu de changements sont observés sur le terrain.
Face à cette situation, les acteurs de la société civile présents à la réunion ont promis de porter le plaidoyer auprès des autorités militaires, administratives et des services concernés afin d’assainir le secteur.
Des démarches sont annoncées dès la semaine prochaine auprès du gouvernement provincial, de l’Inspection de l’Agriculture, Pêche et Élevage ainsi qu’à la mairie d’Uvira.
Pour plusieurs bouchers rencontrés, l’enjeu dépasse la simple question des taxes : il s’agit désormais de préserver une activité commerciale essentielle à la survie de nombreuses familles dans une région fragilisée par l’insécurité et la crise économique.
