RDC : Quand un jeune de l’Est connecte des écoles à Internet via Sterlink
Installation d’un kit Starlink à une école de la RDC. © Photo tiers
« Le Congo que nous voulons : solidaire & debout. »C’est avec cette simple phrase, mais une foi immense, que Benjamin UMBA, jeune engagé originaire de l’Est de la RDC, a lancé un projet audacieux : connecter les écoles oubliées du pays à Internet grâce à la technologie Starlink. Un geste citoyen. Un acte de foi. Une réponse à l’urgence numérique qui prive des millions d’enfants congolais d’un avenir à la hauteur de leurs rêves.
Dans trop d’écoles en RDC, on apprend encore sans manuels, sans images, sans repères du monde extérieur. Benjamin, lui, a voulu changer cela. Sans budget d’État, sans ONG derrière lui, il a misé sur une idée simple si certaines écoles ont déjà l’essentiel de l’électricité, quelques ordinateurs, un bâtiment sécurisé pourquoi ne pas leur offrir la connexion qui manque ?
“On ne donne pas d’ordinateurs, pas de panneaux solaires. On ne promet rien d’extraordinaire. On branche juste ce qui existe déjà. On ouvre une fenêtre. Et on laisse l’horizon faire le reste.”

Chaque école sélectionnée répond à trois critères clairs, elle possède déjà des ordinateurs pour les élèves et les enseignant, elle a accès à une source d’électricité stable, ses locaux sont sécurisés pour accueillir un kit Internet durable. Pas de favoritisme, pas d’improvisation : l’objectif est d’avoir un impact direct, mesurable, et surtout, durable.
De Kinshasa à Kisangani,des écoles déjà prêtes à basculer dans le numérique
quelques-unes des premières écoles concernées : en zone urbaine :
- Collège Boboto & Athénée de La Gombe (Kinshasa)
- Lycée Twendeleye (Lubumbashi)
- Collège Tutazamie (Likasi)
- Lycée Vuvu-Kieto (Matadi)
- Collège Mayele & Saint-Ignace (Kisangani)
En zone rurale :
- Lycée Lubusha (à 80 km de Lubumbashi)
- Collège Ima Kafubu (périphérie de Lubumbashi)
- Collège Saint-Jean des Prêtres du Sacré-Cœur (Kisangani)
Chaque kit Starlink peut connecter jusqu’à 235 appareils en simultané. Plus de 5 000 élèves auront accès à Internet dès la première phase.
L’un des moments les plus marquants de ce projet ? Un don inattendu venu d’un Congolais vivant à l’étranger. Il n’avait jamais rencontré Benjamin, ne connaissait aucun élève concerné. Et pourtant, il a envoyé 5 665,92 dollars.
“Ce genre de geste te bouleverse. Ça te rappelle que, malgré tout, on n’a pas perdu la foi en nous-mêmes.”
Et ce n’est pas un cas isolé, de plus en plus de membres de la diaspora proposent leur aide financière, technique, logistique. Comme une chaîne silencieuse, mais déterminée.
Il reste des obstacles. Transporter les kits dans des zones enclavées comme Goma, Bukavu ou le Sankuru n’est pas une mince affaire. L’équipe du projet lance donc un appel pour faciliter les démarches douanières pour alléger les procédures administratives, pour soutenir les installations sur le terrain
Loin des clichés, ici, Internet n’est pas synonyme de réseaux sociaux. C’est un outil d’apprentissage, une ressource pédagogique, une main tendue vers le monde. C’est un moyen de former des enseignants, de créer des vocations, de réduire le fossé entre les enfants des villes et ceux des villages.
“Quand une école s’ouvre à Internet, ce n’est pas juste un clic. C’est une lumière. C’est une promesse”, dit Benjamin, le regard déjà tourné vers les prochaines écoles.
