Sud-Kivu : La société civile appelle à une implication inclusive dans le partenariat stratégique RDC–États-Unis
À travers une lettre ouverte signée ce samedi dernier, les doyens et doyennes de la société civile du Sud-Kivu, engagés depuis plus de 40 ans pour la paix et le développement, lancent un appel aux États-Unis, à l’Union africaine, aux organisations régionales (SADC, EAC), aux partenaires européens ainsi qu’aux personnalités ayant contribué à la paix en RDC, comme les présidents Joao Lourenço, Uhuru Kenyatta ou l’Émir du Qatar.
Selon eux, le partenariat stratégique en cours de négociation entre la RDC et les États-Unis dépasse les enjeux miniers, il représente une opportunité historique de bâtir une paix durable et une prospérité partagée dans la région des Grands Lacs.
Mais pour porter ses fruits, ce partenariat doit aller au-delà de l’économie. Les signataires exhortent les États-Unis à soutenir la reconstruction de l’État congolais, notamment à travers la lutte contre la corruption, l’impunité et la mauvaise gouvernance. Ils insistent également sur la nécessité d’un dialogue politique inclusif pour rétablir la cohésion sociale.
Par ailleurs, ils appellent à un positionnement clair vis-à-vis du Rwanda, en promouvant les droits humains, l’inclusion et la participation citoyenne, afin de garantir une paix régionale durable.
À l’image d’un nouveau « Plan Marshall », les doyens proposent que ce partenariat soutienne la relance économique par des projets structurants, comme le corridor de Lobito ou la ligne ferroviaire TAZARA, et relance des mécanismes d’intégration régionale en y associant la Tanzanie, l’Ouganda ou encore le Kenya.
Ils insistent sur l’inclusion des universités, des organisations de femmes, de jeunes et de la société civile locale, afin d’ancrer ce partenariat dans une dynamique de coopération régionale et de transformation sociale profonde.
Enfin, face à la crise humanitaire persistante dans l’Est du pays, ils plaident pour l’ouverture immédiate d’un couloir humanitaire afin d’acheminer nourriture et soins aux populations en détresse.
« La RDC peut devenir un moteur du développement africain, à condition que ce partenariat repose sur une volonté commune de justice, d’inclusion et de transformation structurelle », conclut la lettre.
