Sud-kivu : La crise sanitaire touche déjà 3 territoires peuplés
La situation sanitaire demeure préoccupante dans les territoires de Kalehe, Kabare et Walungu, dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante et l’insécurité liée aux violences armées. L’accès aux soins de santé de base devient de plus en plus difficile pour les populations locales, confrontées à une pénurie de médicaments, à un appui humanitaire insuffisant et à une précarité économique généralisée.
Dans le territoire de Kalehe, particulièrement dans la zone de santé de Bunyakiri, les structures sanitaires font face à une recrudescence inquiétante des cas de paludisme. Le groupement de Ziralo est l’un des plus touchés, alors que les centres de santé manquent d’anti-paludéens, d’intrants médicaux et de moustiquaires imprégnées. Au centre de santé de Mianda, l’infirmier titulaire Enock Judicieux indique que de nombreux patients sont reçus quotidiennement sans possibilité de prise en charge adéquate. Il précise que le paludisme n’est actuellement pas couvert par les projets de santé en cours, obligeant les soignants à délivrer des ordonnances que les patients doivent honorer eux-mêmes dans des pharmacies privées, souvent inaccessibles financièrement.
À Kabare, les familles déplacées internes éprouvent de sérieuses difficultés à accéder aux soins de santé en raison de l’incapacité à payer les frais médicaux. Déjà fragilisées par les déplacements forcés et les violences armées, certaines recourent à l’automédication ou aux tradipraticiens, une situation qui expose particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées à des risques sanitaires accrus. Les déplacés lancent un appel aux organisations humanitaires pour un appui financier et médical urgent.
Dans le territoire de Walungu, à Kamanyola, seules deux structures sanitaires sur les six que compte la cité bénéficient de l’appui de Médecins Sans Frontières, permettant la gratuité des soins. Une couverture jugée insuffisante par le personnel de santé. Selon Buchekabiri Mugobozi, infirmier titulaire du Centre de Santé de Référence de Kamanyola, la surcharge de travail et le manque chronique de médicaments affectent la qualité de la prise en charge et poussent certains patients vers des structures privées, où les soins restent payants et souvent inaccessibles.
Face à cette situation, les professionnels de santé et les communautés locales appellent à un renforcement urgent de l’appui humanitaire afin d’assurer un accès équitable aux soins de santé de base dans ces territoires du Sud-Kivu.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO et REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
