Budget 2025 du Sud-Kivu : Des primes exorbitantes suscitent des controverses
Le budget 2025 de la province du Sud-Kivu, défendu par le gouverneur Jean-Jacques Purusi et adopté par l’Assemblée provinciale le 28 décembre 2024, continue de susciter des critiques vives. Des disparités flagrantes dans l’attribution des primes et des indemnités au sein du personnel provincial, mises en lumière par plusieurs députés provinciaux, ont particulièrement marqué le débat.
Lors de son intervention, la députée triplement élue, Kinja Mwendanga Béatrice, a dénoncé des primes disproportionnées parmi les agents ayant des grades et fonctions similaires, tous pris en charge par la province.
À la page 512 du tome 2 du budget, le directeur provincial du Service public de l’Eau reçoit une prime de 2 653 240 francs congolais, tandis qu’à la page 201 du tome 1, son collègue du Trésor-Dordonnancement touche une prime de 4 560 850 francs congolais, bien qu’ils occupent le même poste.
Le coordonnateur du programme Une Santé bénéficie d’une prime de 2 653 240 francs congolais (page 606, tome 2), contre 4 453 000 francs congolais pour son homologue du PDDRCS, tel qu’indiqué à la page 100 du tome 1. Or, ce dernier est déjà pris en charge par la présidence de la République.
Kinja Mwendanga a également relevé une égalité salariale surprenante entre un chef de division de l’Intérieur et un huissier du gouverneur de province, tous deux percevant 762 610 francs congolais, tandis qu’un autre huissier du gouverneur n’a que 608 750 francs congolais.
Un conseiller du gouverneur recevant 4 616 250 francs congolais, contre plus de 8 000 000 francs congolais pour le coordonnateur du bureau d’étude (page 37, tome 1).
Absence de prise en charge des cadres de base, soulignée comme une grave omission budgétaire par plusieurs autres députés.
Le député Jackson Kalimba, élu à Bukavu, a déploré que les 2 565 944 $ alloués aux primes et indemnités des membres du cabinet soient 30 fois supérieurs au montant consacré à la réhabilitation des routes, ponts et aéroports, comme mentionné dans les dépenses de la page 35 du tome 1.
Son collègue Nanvano, élu de Walungu, a quant à lui qualifié le budget de « budget antisocial, élaboré pour le personnel administratif plutôt que pour la population ». Selon lui, les formations, ateliers et frais divers, cités à la page 369 du tome 2, dominent les dépenses, rendant ce budget irréaliste.
Face aux critiques, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a défendu un budget qu’il qualifie d’équilibré en recettes et dépenses à hauteur de 783 milliards 72 millions 172 mille francs congolais, soit une augmentation de 30,32 % par rapport au budget rectificatif de 2024. Le président de l’Assemblée provinciale, Feston Kabeza, a quant à lui affirmé que « les besoins des territoires ont été pris en compte », témoignant d’une collaboration fructueuse entre les institutions après la rectification du budget.
Cependant, la population attend des actes concrets, notamment en matière d’infrastructures et de services publics essentiels, afin que ce budget ne reste pas une simple promesse sur papier.
