Kalehe : déplacés, autochtones et communautés locales réunis autour des métiers pour reconstruire la cohésion sociale
À Kalehe, 150 personnes issues de différentes communautés participent depuis deux mois à des formations professionnelles destinées à renforcer la cohabitation pacifique et l’autonomisation économique dans une zone longtemps marquée par des tensions communautaires.
Les bénéficiaires viennent notamment de Munanira à Kalehe et de Cheya-Kalungu à Minova. Parmi eux figurent des déplacés internes, des retournés, des membres des communautés autochtones, des personnes vivant avec handicap ainsi que des familles d’accueil.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet “Tous pour la paix et la cohésion sociale”, également connu sous le nom de Sote kwa ajili ya Amani na Mariziano (SAM). Le projet est mis en œuvre par l’Solidarité des Volontaires pour l’Humanité avec l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le Développement et le financement de UK Aid.
Les formations concernent plusieurs métiers, notamment la menuiserie, la coupe et couture ainsi que la fabrication de savon. Au-delà de l’apprentissage technique, les organisateurs veulent créer des espaces de rapprochement entre communautés autrefois divisées.
Dans les ateliers, Havu, Bashi, Tembo, Hutu et membres des peuples autochtones travaillent désormais côte à côte.
« Avant, nous vivions séparés à cause des préjugés. Aujourd’hui, nous partageons les mêmes outils et travaillons ensemble sans barrières », témoigne un participant à la formation en menuiserie.
Selon Magnant Nteranyi, les bénéficiaires recevront à la fin du programme des kits adaptés à leurs métiers afin de lancer des activités communautaires génératrices de revenus.
Dans un territoire où les conflits, les déplacements et les crises humanitaires ont fragilisé le tissu social, cette approche mise sur l’économie locale comme outil de paix.
Derrière les machines à coudre, les planches de bois et les moules à savon, le projet tente surtout de reconstruire une confiance longtemps brisée entre communautés voisines.
par notre correspondant John MULINDWA depuis KALEHE
