Kalehe : l’identification pour l’aide alimentaire expose des enfants à des conditions alarmantes
Dans plusieurs villages du groupement de Mbinga-Sud, en territoire de Kalehe, des familles dénoncent les conditions jugées inhumaines entourant l’opération d’identification des bénéficiaires d’une assistance alimentaire du Programme Alimentaire Mondial.
Depuis plusieurs jours, des centaines de personnes, parmi lesquelles des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées, passent des heures dans des files d’attente dans l’espoir d’être enregistrées pour recevoir une aide en vivres.
Le processus, appelé localement “scopage”, consiste à identifier individuellement chaque membre des ménages bénéficiaires à l’aide d’appareils électroniques spécialisés. Sans cet enregistrement, les familles risqueraient d’être exclues de la distribution.
Mais sur le terrain, plusieurs habitants décrivent une situation préoccupante : longues attentes sous le soleil, manque d’eau, faim, bousculades et absence d’encadrement adapté aux personnes vulnérables.
Des sources locales rapportent que certains enfants seraient tombés malades après plusieurs heures passées sur les sites d’identification. D’autres témoignages évoquent même des cas de décès et d’accidents, bien que les circonstances exactes n’aient pas encore été officiellement établies.
« Les enfants passent toute la journée dehors, parfois sans manger ni boire. La nuit, certains dorment sur place dans des conditions difficiles », témoigne un habitant de la zone.
La situation suscite l’inquiétude de plusieurs acteurs communautaires, qui appellent les organisations humanitaires à revoir les modalités d’identification afin de mieux protéger les catégories les plus vulnérables.
Pour certains observateurs locaux, cette opération met en lumière un paradoxe humanitaire : des mécanismes destinés à aider les populations finissent parfois par exposer davantage les bénéficiaires à de nouveaux risques.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer une meilleure organisation des opérations, notamment par la mise en place de dispositifs spécifiques pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.
Dans un territoire déjà fragilisé par les crises sécuritaires et humanitaires, plusieurs familles espèrent que l’assistance alimentaire ne se transformera pas en nouvelle source de souffrance pour les populations les plus vulnérables.
