Bukavu : AFC M23 impose le principe pollueur-payeur dans les avenues
Vue de Bukavu depuis Karhale/photo ©tiers
Pour assurer l’évacuation des déchets ménagers, plusieurs avenues de Bukavu sont contraintes de payer une contribution de 2 000 francs congolais (soit environ 0,65 dollar américain) chaque samedi dans le cadre des travaux communautaires. Selon certaines sources, cette mesure aurait été imposée par la haute hiérarchie de l’AFC M23, ce qui suscite des frustrations parmi les habitants.
« Ce sont les chefs d’avenue qui bénéficient de cet argent, en raison des frais que génèrent les véhicules et du nombre de tours effectués », confie un habitant de la commune d’Ibanda, sous couvert d’anonymat, déçu par la gestion des fonds collectés pour la location de camions destinés à l’évacuation des déchets.
En plus de ce paiement, chaque famille doit effectuer le « Salongo » chez elle et fournir un ou deux membres pour participer au nettoyage collectif le long de la route principale de leur avenue. Un des chefs d’avenue retrouvé sur l’avenue Saïo a expliqué à BKINFOS : « Parfois, l’argent collecté ne suffit pas pour couvrir les frais de location des camions. Nous sommes alors contraints de puiser dans nos propres poches. De plus, de nombreux habitants sont au chômage et peinent à rassembler les 2 000 francs congolais demandés. »
Depuis l’arrivée de l’AFC M23 à Bukavu le dimanche 16 février 2025, les travaux communautaires de propreté ont été imposés à la population pour maintenir la salubrité de la ville. Cependant, les déchets restent visibles le long de certaines artères, notamment à la place Yesu Yesu près du lycée Wima, aux abords du monastère des Pères Carmes à Karhale, ainsi que sur la route Bukavu-Kavumu, où les camions payés pour l’évacuation ne parviennent pas toujours à destination.
La mise en œuvre de cette initiative soulève des interrogations sur son efficacité et la transparence de la gestion des fonds collectés, alors que la population peine à voir une réelle amélioration de l’assainissement urbain.
