Bukavu : le “Mois Vert” s’achève, mais l’élan écologique, lui, continue
À Bukavu, le rideau est tombé ce vendredi 27 mars sur la campagne « Mois Vert ». Mais dans les esprits, quelque chose a changé. Pendant un mois, la ville a respiré au rythme des initiatives écologiques, entre actions concrètes, débats publics et expressions artistiques.
Dans l’amphithéâtre du Collège Alfajiri, l’ambiance était à la fois festive et engagée. Étudiants, chercheurs, artistes et membres de la société civile se sont retrouvés pour faire le point, mais surtout pour célébrer une dynamique collective rarement observée autour de la question environnementale.
Les résultats avancés donnent le ton. Selon Thomas Jenatsch, plus de 20 000 arbres ont été plantés à travers la ville. Des campagnes de sensibilisation ont touché écoles et universités, tandis que des espaces d’échanges ont permis aux citoyens de dialoguer directement avec les autorités.
Parmi les avancées qui ont marqué les esprits, la relocalisation du site d’Elakat est revenue dans plusieurs interventions. Pour beaucoup, c’est la preuve qu’à Bukavu, les décisions politiques peuvent, parfois, s’aligner avec les urgences environnementales. Une expérience que certains aimeraient voir reproduite ailleurs, notamment à Kinshasa.
La journée a aussi été marquée par des réflexions scientifiques. Des professeurs comme Kacho Karume et Azine Chiza ont rappelé que les universités ont un rôle clé à jouer pour accompagner cette transition. Un message renforcé par l’intervention de Madame Déborah, de l’Université Catholique de Bukavu, qui a insisté sur la place essentielle des femmes et des jeunes filles dans la gestion des déchets au quotidien.
Mais au-delà des chiffres et des discours, c’est peut-être la créativité qui a le plus surpris. Des artistes ont présenté des œuvres conçues à partir de déchets, transformant le plastique en objets utiles ou symboliques. Dès la semaine prochaine, deux installations seront visibles à la Place Mulamba : une vache, symbole de richesse locale, et un robinet, pour illustrer l’idée que les déchets peuvent devenir des ressources.
La clôture s’est faite en musique, avec une chanson portée par des artistes locaux et la projection de films documentaires. Le public a également découvert « Mugoli », un personnage de bande dessinée imaginé par Kashando Art, qui a rapidement conquis les spectateurs.
Un moment d’émotion a marqué la fin de la cérémonie, avec un hommage rendu à Marie-Louise et Constante, figures clés de l’organisation, saluées pour leur engagement constant.
Le « Mois Vert » s’arrête ici. Mais à Bukavu, beaucoup en sont convaincus : ce n’était qu’un début. Entre prises de conscience et premières actions concrètes, la ville semble désormais engagée sur un chemin où l’écologie n’est plus une idée abstraite, mais une responsabilité partagée.
