Bukavu : Les leaders interreligieux signent un appel historique à la paix au Centre Saint Egidio
Dans une région où les tensions sécuritaires persistent et où les fractures sociales continuent d’alimenter l’instabilité, les leaders des principales confessions religieuses de Bukavu ont envoyé un signal inédit. Ce samedi 15 novembre 2025, au Centre Saint Egidio, ils ont signé un Appel de Paix historique, marquant une volonté commune de s’opposer à la spirale de violence qui affecte le Sud-Kivu depuis des décennies.
Rassemblés autour d’un message unifié, représentants catholiques, protestants, musulmans et églises de réveil ont souligné l’urgence de replacer la dignité humaine, la foi et la solidarité au centre de la réponse collective aux conflits armés, à la manipulation identitaire et aux dérives communautaires. Leur prise de position, rare par son unanimité, vise à redonner une boussole morale à un contexte saturé d’incertitudes et de fractures.
Dans cet Appel solennel, ils rappellent que les populations du Sud-Kivu vivent depuis trop longtemps sous la menace permanente des groupes armés, du terrorisme localisé et des déplacements forcés, auxquels s’ajoute un sentiment d’abandon. Ils insistent sur le fait que « seule la paix est un choix véritablement humain et juste » et invitent gouvernants comme citoyens à s’engager sur la voie d’une paix durable, loin des réflexes de résignation ou de fatalisme.
Le document condamne sans ambiguïté toute instrumentalisation de la religion à des fins de violence, rappelant que les traditions spirituelles authentiques reposent sur la protection de la vie et la défense de la justice. « Nous refusons de transmettre aux jeunes générations un monde blessé par la guerre », affirment-ils dans un passage qui résonne comme un avertissement moral autant qu’un appel à la responsabilité collective.
Les leaders interreligieux adressent aussi un message clair aux autorités : l’heure est à la cohérence et au courage politique. Ils appellent à intensifier les efforts de prévention des conflits, à renforcer la cohésion sociale, à protéger les civils et à mettre fin à l’impunité persistante qui nourrit le cycle de violence. Ils rappellent que « le changement exige de chercher les voies de paix qui existent bien au-delà des logiques de guerre ».
Le choix du Centre Saint Egidio n’est pas anodin. Connu sur plusieurs continents pour son rôle dans les processus de médiation, notamment en Afrique, il offre un cadre symbolique pour cet engagement inédit. En apposant ensemble leurs signatures, les responsables religieux réaffirment leur confiance dans la capacité des Congolais à reconstruire un avenir plus juste, fondé sur la réconciliation, la solidarité et l’espérance.
La cérémonie s’est clôturée sur un engagement commun à poursuivre ce travail interreligieux, afin d’enraciner une culture de paix dans une région qui en a plus que jamais besoin et une photo de famille.
