Bukavu sous occupation de AFC M23 : « J’amène mes enfants à l’école après échange avec les chefs d’établissements mais j’ai encore peur de leurs sécurité. »
Les écoliers sans enseignants à EP IBANDA 1 /Photo ©Janvier BARHAHIGA
La rentrée scolaire de ce 24 février 2025 à Bukavu s’est déroulée dans un climat de peur et d’incertitude. Plus d’une semaine après la prise de la ville par les rebelles de l’AFC M23, la reprise des cours reste timide, marquée par une faible affluence des élèves et des enseignants.
Dans les rues de Bukavu, peu d’enfants ont été aperçus en route vers les écoles. Certains parents, visiblement inquiets, accompagnaient leurs enfants, tandis que des bus scolaires privés, à moitié remplis, parcouraient les avenues d’Ibanda à la recherche d’élèves.
Marius (nom d’emprunt), père de quatre enfants, rencontré devant l’École Primaire Marie Reine, sur l’avenue de l’Athénée, exprime son angoisse
« On amène les enfants à l’école, mais nous sommes terrifiés. La ville est sous le contrôle des rebelles de l’AFC M23, et nous ne savons pas s’ils assureront la sécurité de nos enfants. Les coups de feu qui retentissent la nuit traumatisent les petits que nous forçons à aller en classe. »

À l’École Primaire Ibanda 1, la rentrée a officiellement eu lieu sous la supervision de la directrice Madame NTAKOBAJIRA MIGABO. Sur les 22 classes de l’établissement, 20 enseignants (10 hommes et 10 femmes) étaient présents. Cependant, la mobilisation des élèves reste limitée : sur un total de 856 inscrits, seuls 93 élèves, dont 40 filles et 53 garçons, ont répondu à l’appel.
« Nous avons fait des annonces à la radio Maendeleo et RTCN pour informer les parents de la reprise des cours. Nous pensons que les effectifs augmenteront progressivement, malgré la situation actuelle« , explique la directrice.

L’École Primaire Ibanda 2 a également rouvert ses portes, mais seulement 29 élèves sur 816 étaient présents. Sur les 18 enseignants de l’établissement, 16 étaient en poste, tandis que deux étaient absents pour raison de maladie, selon NSIMIRE BYAMUNGU, responsable de l’école.
Dans les trois communes de Bukavu, la reprise reste hésitante, notamment dans les établissements privés. Beaucoup d’enseignants redoutent de reprendre le travail sans garantie de paiement de leurs salaires.
« Nous avons déjà vécu une situation similaire sous le RCD. C’était difficile d’être payé à l’époque, et aujourd’hui, nous craignons que cela se répète. C’est pourquoi nous sommes réticents à retourner en classe, » confie un enseignant sous anonymat.
Certains responsables scolaires ont reconnu cette timidité qui sera vaincue par le retour progressiste des élèves.
» Nous évaluerons la situation dans une période d’une semaine pour apprécier le taux d’arriver en classe. « a dit à www.bkinfos.net l’inspecteur BISOMERINE
Cette rentre scolaire a été décidé par le proved de Bukavu 1 via un communiqué de presse que votre media a consulté le 23 fevrier 2025.
L’évolution de la situation sécuritaire sera déterminante pour la suite de l’année académique.
