Idjwi : à Ntambuka, la peur s’installe après une série de violences
Sur l’île d’Idjwi, la chefferie de Ntambuka traverse une période sombre. Derrière les chiffres, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées et des villages plongés dans l’angoisse qui racontent une réalité de plus en plus difficile à ignorer.
Des données compilées par des acteurs locaux des droits humains consultée par la rédaction de www.bkinfos.net dressent un tableau préoccupant, marqué par une succession de morts, d’exécutions et d’actes de justice populaire entre 2025 et mars 2026.
Au total, sept corps sans vie ont été signalés dans plusieurs villages, notamment à Lubuye, Bwina, Ntalangwa, Bwando, Karama et Mugote. Parallèlement, sept personnes ont été tuées par justice populaire dans différentes localités, dont Mugote, Bulegeyi, Nyereji, Buhumba, Kihumba et Kabuye.
À cela s’ajoute l’incendie d’au moins 11 maisons réparties entre Bwina, Mugote et Bulegeyi, dans un climat de représailles communautaires.
Le chronogramme des incidents met en évidence une intensification progressive.
Dès avril 2025, des cas de corps retrouvés sans vie sont signalés, suivis en mai et juin par des exécutions attribuées à des éléments armés non identifié et des accusations de vols.
En juillet 2025, plusieurs arrestations suivies de mises à mort sont documentées, accentuant la peur au sein des communautés.
L’année 2026 s’ouvre sur une recrudescence des tensions. En janvier, une disparition suivie de représailles entraîne la destruction de maisons. En février, la découverte d’un corps sans vie déclenche une vague de soupçons et de violences, impliquant même des élèves dans des actes de lynchage.
En mars, deux hommes sont tués par la population, accusés de pratiques mystiques après la mort d’un élève.
Au-delà des chiffres, ces éléments traduisent une rupture profonde du tissu social. Entre rumeurs, accusations non vérifiées et absence de mécanismes de justice formelle accessibles, les communautés semblent basculer dans une logique de justice immédiate.
Face à cette dérive, plusieurs voix appellent à un renforcement urgent de la présence de l’État, à la restauration de l’autorité judiciaire et à des actions de sensibilisation pour prévenir les violences communautaires.
