Kalehe : une pluie diluvienne ravage Numbi et relance l’urgence d’un plan d’adaptation climatique
Une pluie d’une rare intensité s’est abattue sur Numbi, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), ce vendredi 14 novembre, déclenchant une nouvelle catastrophe qui replonge la population dans la désolation un scénario devenu tristement familier dans la région.
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les rivières Nyabarongo et Sakasaka ont brusquement quitté leur lit, provoquant inondations et éboulements dans le village de Lowa-Numbi.
Un agent humanitaire résume la scène : « Les rivières ont débordé en quelques minutes, surprenant les habitants qui n’ont pas eu le temps de fuir. »
Le bilan provisoire fait état d’une femme morte, ensevelie sous un éboulement, et de sept personnes portées disparues dans un carré minier situé sur l’avenue du Camp. Plusieurs habitants ont été secourus in extremis, mais beaucoup ont tout perdu y compris leurs documents d’identité, irrémédiablement emportés par les eaux.
Le Centre de santé de Numbi n’a pas été épargné : ses installations ont été inondées, tout comme plusieurs infrastructures voisines, rendant pour l’instant difficile une évaluation complète des dégâts matériels.
La catastrophe a également paralysé la circulation pendant plusieurs heures sur l’axe reliant Lumbishi, Shanje et Kavumu. Ce vendredi devait être jour de marché : des dizaines de personnes ont dû rebrousser chemin, coupées de Numbi par la montée brutale des eaux.
Dans la cité elle-même, la rivière Sakasaka a éventré plusieurs avenues Voix du Congo, Bukavu, De la Poste, Bunyakiri en laissant derrière elle des chaussées ravinées, du bétail emporté et des ménages démunis de leur matériel essentiel.
Les recherches pour retrouver les disparus se poursuivent, tandis qu’une évaluation détaillée des dégâts est attendue dans les prochaines heures.
En toile de fond, une question revient avec insistance : combien de catastrophes faudra-t-il encore pour qu’un plan d’adaptation climatique digne de ce nom voie enfin le jour dans cette zone ultra-vulnérable du Sud-Kivu ?
