Plaine de la Ruzizi : un système de taxation parallèle à plus de 81 millions FC par mois dénoncé sur l’axe Bukavu–Uvira
Sur la Route nationale n°5 (RN5), axe stratégique Bukavu–Uvira, de nouvelles accusations graves émergent sur des pratiques assimilées à des prélèvements illégaux imposés aux usagers du transport en commun.
Dans une alerte rendue publique, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA dénonce un système de taxation informelle qu’il attribue à certains éléments des forces gouvernementales coalisées positionnées dans la plaine de la Ruzizi.
Selon les données avancées par ce mouvement, environ 30 bus circuleraient quotidiennement sur ce tronçon, transportant en moyenne 18 passagers chacun. Chaque passager serait soumis à un paiement de 5 000 francs congolais aux différents postes de contrôle, notamment à Kaala, Kasamura et Biriba, dans le groupement de Kabunambo.
Sur cette base, les perceptions mensuelles uniquement issues des passagers des bus sont estimées à plus de 81 millions de francs congolais, soit environ 32 400 dollars américains. Une estimation qui ne prend pas en compte les recettes issues des camions, véhicules particuliers, motos et transporteurs de marchandises, ce qui laisse entrevoir, selon le mouvement citoyen, des montants réels nettement plus élevés.
MACHOZI YA RAÏYA décrit un dispositif structuré, installé depuis la réouverture du tronçon le 28 mars 2026, où les paiements seraient exigés de manière systématique aux différents points de passage. Le mouvement parle d’un “système de prélèvement parallèle” opérant en dehors de tout cadre légal formel.
L’alerte souligne également une situation contrastée sur la même ligne de front routière. Après les barrières dénoncées, une zone dite “neutre” s’étend jusqu’à Sange, où des éléments de l’AFC/M23 seraient présents. Dans cette section, aucune perception financière n’est signalée, les contrôles se limitant à la vérification des pièces d’identité, selon la même source.
Le mouvement citoyen évoque par ailleurs des pratiques de taxation sur certaines marchandises au niveau de la DGDA, sans en détailler les modalités, tout en annonçant la publication prochaine d’éléments complémentaires.
Face à ce qu’il qualifie de dérive systémique, MACHOZI YA RAÏYA appelle les autorités nationales à une intervention urgente, notamment à travers des mécanismes de contrôle renforcés, afin de rétablir l’intégrité des flux sur cet axe économique majeur et de mettre fin à ce qu’il présente comme une économie parallèle adossée aux dispositifs sécuritaires.
