RDC–États-Unis : Kinshasa soumet une liste de projets miniers stratégiques
La République démocratique du Congo amorce un tournant stratégique dans sa politique minière. Kinshasa a transmis aux États-Unis une liste de projets miniers ciblés, susceptibles d’accueillir des investissements américains, alors que la rivalité internationale autour des minerais critiques s’intensifie.
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a annoncé l’initiative en marge du Future Minerals Forum à Riyad. Il a précisé que ces projets ne concernent ni des concessions préférentielles, ni des cessions d’actifs stratégiques, mais visent une coopération basée sur des intérêts mutuels et des règles de gouvernance claires.
Des minerais stratégiques
Cuivre, cobalt, lithium ou tantale… La RDC est au cœur de la transition énergétique et des technologies de pointe. Elle est deuxième producteur mondial de cuivre et premier fournisseur de cobalt, indispensable aux batteries de véhicules électriques.
Pour Washington, ces ressources sont stratégiques afin de réduire la dépendance américaine à la Chine, aujourd’hui dominante dans l’extraction et la commercialisation de ces minerais.
Rééquilibrer la domination chinoise
Les entreprises chinoises occupent une place prépondérante sur le sol congolais, notamment à travers des projets comme Tenke Fungurume Mining, l’un des plus grands complexes cuprifères du monde. Si ces partenariats ont accéléré le développement du secteur, Kinshasa souhaite désormais diversifier ses partenaires, renforcer la concurrence et maximiser les retombées économiques pour l’État.
Une dimension politique et sécuritaire
Au-delà de l’économie, la coopération minière avec Washington s’inscrit dans une stratégie diplomatique et sécuritaire. Les investissements américains sont vus comme un levier pour stabiliser la région et sécuriser l’accès aux minerais stratégiques, dans le contexte du processus de paix avec Kigali.
Une phase de négociations ouverte
Pour l’instant, rien n’est finalisé. La liste des projets ouvre une phase de négociations sur les conditions d’investissement, la sécurité, la fiscalité et la gouvernance.
Une certitude demeure : la bataille mondiale pour les minerais critiques se joue désormais aussi à Kinshasa, au cœur de l’Afrique, entre ambitions économiques, rivalités géopolitiques et enjeux de développement.
