SAUTI ZETU 5 : « Mama Furaha, déplacée de guerre et désormais semeuse de paixdes à Cirunga »
À première vue, c’est une simple femme, courbée sur la terre rouge de Cirunga dans un champs de fortune, houe en main, pagne noué autour de la taille, un foulard noir vissé sur la tête. Mais derrière ce geste apparemment ordinaire se cache une histoire bouleversante, celle de Mama Furaha, déplacée de guerre et désormais semeuse de paix.
Originaire de Kalonge, elle a fui avec ses enfants en pleine nuit, lorsque les rafales ont déchiré le silence de leur village en 2023.
« Je n’ai pris qu’une natte et un peu de manioc séché. Le reste, c’est le destin qui l’a emporté », murmure-t-elle en regardant ses sillons.
Arrivée à Kabare, dans le groupement de Cirunga, sans rien ni personne, elle s’est accrochée à la seule chose qu’elle savait faire : cultiver. Des familles du village lui ont prêté un petit terrain marécageux abandonné. Elle l’a drainé, nettoyé, en a fait un potager vivant. Des amarantes, des haricots, des oignons… chaque graine plantée est un acte de résilience.
Mais au-delà du champ, c’est tout un message qu’elle porte :
« Quand les armes parlent, la terre se tait. Mais quand on reprend la houe, la vie recommence. »
Aujourd’hui, elle nourrit non seulement ses cinq enfants, mais aussi trois orphelins du site de déplacés. Elle a même lancé une petite caisse de solidarité entre femmes réfugiées pour acheter des semences collectives.
Mama Furaha ne se considère pas comme une héroïne. Et pourtant, dans cette vallée marquée par la peur, elle est devenue un pilier silencieux d’un avenir meilleur.
C’est un article du programme SAUTI ZETU de www.bkinfos.net/news
