Walungu : Les prêtres étaient là lors d’attaque de la paroisse de Mugogo
La communauté chrétienne de Mugogo, dans le territoire de Kabare, est en état de choc après l’attaque violente et préméditée survenue dans la nuit du 6 au 7 juillet au presbytère de la paroisse Saint-Matthieu.
Vers 22h30, un groupe de huit hommes armés a fait irruption dans l’enceinte du presbytère, semant terreur et désolation.
Munis de sept armes à feu et de plusieurs armes blanches, les assaillants ont d’abord neutralisé les veilleurs en poste, avant de s’en prendre aux maçons qui logeaient sur place. Ces derniers ont été violemment agressés, dépouillés de leurs biens personnels, frappés à coups de crosse.
L’un d’eux a été grièvement blessé au cou et à la poitrine à l’arme blanche. Ligotés, ils ont été contraints de guider les malfaiteurs jusqu’à l’entrée du couvent.
Les assaillants ont ensuite pénétré de force dans le presbytère en découpant les grillages des fenêtres. À l’intérieur, trois prêtres, présents malgré l’absence du curé et de l’abbé Charles (en déplacement pour un deuil), ont été pris par surprise.Pendant plus d’une heure, ils ont été violemment intimidés, frappés et volés.
Contrairement à certaines informations erronées diffusées sur les réseaux sociaux, les prêtres n’ont pas fui : ils ont bel et bien subi l’attaque. Selon l’Abbé Jean-Pierre Katwanyi, les malfaiteurs ont fouillé toutes les chambres avec une insistance particulière sur celle du curé, qu’ils ont défoncée à la recherche présumée d’argent. La pluie battante cette nuit-là a couvert les cris, empêchant toute intervention des voisins.
Les pertes matérielles sont importantes, mais les blessures psychologiques infligées aux victimes sont encore plus profondes.
Le 8 juillet, un présumé chef de bande, identifié comme Kituma Mujanjwa, originaire de Bava, a été appréhendé par la population locale. La justice populaire a malheureusement pris le dessus : l’homme a été brûlé vif aux environs de 22h au terrain de Mugogo. Avant de mourir, il n’a révélé qu’un seul nom : celui de son complice présumé, Chance.
La population locale et les autorités ecclésiastiques soupçonnent ce groupe d’être impliqué dans une série d’attaques similaires ciblant les institutions religieuses de l’archidiocèse de Bukavu. Depuis le début de la crise humanitaire dans la région, onze paroisses et couvents ont été victimes d’agressions de ce type.
Indignation, tristesse et colère dominent les réactions des fidèles de Mugogo. Ils demandent que des mesures urgentes soient prises pour garantir la sécurité des prêtres et de la communauté. « Nos pasteurs ne doivent plus être laissés à la merci des criminels », ont déclaré plusieurs paroissiens rencontrés sur place.
Alors que les prêtres tentent de surmonter cette épreuve, la communauté se mobilise autour d’eux, déterminée à ne pas céder à la peur.
