Nord et Sud-Kivu : la rougeole progresse, les défis s’accumulent dans les zones de santé fragilisées
Les déplacements massifs de populations provoqués par les violences dans les groupements voisins et dans le territoire de Masisi continuent de perturber l’accès des enfants aux soins essentiels. Les familles, contraintes de fuir à répétition, ne parviennent plus à assurer le calendrier vaccinal de leurs enfants, ouvrant la voie à une propagation rapide de la rougeole.
Selon le médecin chef de zone, une grande partie des enfants touchés n’a jamais reçu de vaccin ou n’a pas pu compléter les doses nécessaires en raison de cette mobilité permanente.
Dans la zone de santé de Bunyakiri, les centres fonctionnent dans des conditions critiques. Les intrants médicaux sont quasiment inexistants, les médicaments manquent et aucune campagne de vaccination n’est annoncée. Le MCZ Marcus Chiralo constate une augmentation inquiétante des cas, mais déplore l’absence totale de partenaires pour soutenir la réponse. Dans plusieurs centres, des infirmiers sont désormais contraints de renvoyer les familles sans traitement, faute de moyens. Pour les déplacés vivant déjà dans des conditions précaires, entre insécurité alimentaire et manque d’abris, cette situation représente un danger supplémentaire.
Les premiers signaux d’alerte, pourtant lancés dès avril dans le groupement de Ziralo, n’ont pas déclenché de réponse rapide. L’absence de mobilisation coordonnée a permis à la maladie de se propager dans toute la zone. Aujourd’hui, des milliers d’enfants sont exposés dans une région déjà fragilisée par les conflits, les déplacements et l’effondrement des services publics.
Les défis prioritaires s’accumulent : un besoin urgent de vaccins pour stopper la transmission, un manque criant de médicaments essentiels comme la vitamine A et les antibiotiques pour traiter les complications, des structures sanitaires saturées, l’impossibilité pour les familles déplacées de suivre les calendriers vaccinaux, la précarité grandissante dans les sites de déplacement et l’absence d’organisations humanitaires pour renforcer la réponse.
Face à cette crise silencieuse, le MCZ appelle les partenaires du secteur médical et humanitaire à une intervention urgente. Il insiste sur l’importance d’un appui rapide pour éviter une hausse des décès évitables, notamment parmi les enfants les plus vulnérables.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO–REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencia.
