Bukavu : Joëlle Kujirabwinja défend un projet innovant de transformation du jus de mangue
Joëlle Kujirabwinja Mushagalusa, chargée de programmes chez ZUKA Sarl, vient d’obtenir sa licence en Sciences de Gestion Commerciales et Administratives, option Fiscalité Douane et Accise, à l’Institut Supérieur de Commerce de Bukavu avec la mention distinction.
Aux côtés de son collègue de promotion Vianney Mongane Akili et sous la direction de l’assistant Chibashimba Muguba Alain, elle a présenté un projet tutoré ambitieux : la création d’une usine de transformation du jus de mangue dans la plaine de la Ruzizi.
« La plaine de la Ruzizi regorge de mangues de qualité qui, malheureusement, sont souvent perdues faute de structures de valorisation. Nous avons voulu transformer cette contrainte en opportunité en imaginant une usine capable de produire un jus 100 % naturel, sans conservateurs ni sucres ajoutés », explique Joëlle Kujirabwinja.
Le projet s’appuie sur des données précises. À pleine capacité, l’usine pourrait produire plus de 2,7 millions de bouteilles de 500 ml par an, soit un chiffre d’affaires estimé à 1,37 million de dollars américains. « Ces chiffres montrent le potentiel de revenus considérable, mais aussi la sensibilité du projet face aux coûts d’achat des mangues, au rendement de transformation et aux prix de vente sur le marché », souligne son co-auteur Vianney Mongane.
Au-delà de la rentabilité, les promoteurs mettent en avant la dimension sociale et environnementale. « Notre ambition est de soutenir les agriculteurs locaux en leur offrant un débouché stable et rémunérateur, tout en réduisant le gaspillage alimentaire. Nous voulons aussi contribuer à l’emploi des jeunes et des femmes dans la région », insiste Joëlle Kujirabwinja.
L’analyse SWOT du projet révèle des forces majeures, comme l’accès direct aux mangues fraîches de la plaine de la Ruzizi et la demande croissante des consommateurs pour les produits naturels. Mais les défis sont nombreux. « Nous savons que la saisonnalité des mangues, les coûts initiaux élevés et la concurrence des boissons industrielles constituent des obstacles à surmonter. C’est pourquoi une bonne stratégie de marketing et de stockage sera essentielle », précise l’assistant directeur Chibashimba Muguba.
Pour Joëlle Kujirabwinja, ce projet n’est pas seulement académique mais aussi une vision pour l’avenir du Sud-Kivu.
« Si cette usine voit le jour, elle deviendra un modèle de valorisation des ressources locales et un levier pour le développement économique de la région », affirme-t-elle avec conviction.
