Sud-Kivu : « L’argent n’a pas de valeur si le cultivateur n’a pas semé. » Ces mots de madame Nabami, cultivatrice
« Même si tu as l’argent, tu ne pourras pas le manger. L’argent n’a pas de valeur si le cultivateur n’a pas semé. » Ces mots de madame Nabami, cultivatrice dans la région de Kabare, traduisent toute l’angoisse que vivent les agriculteurs alors que le mois d’octobre approche à grands pas.
À six jours de l’entrée dans la nouvelle saison agricole, les semis n’ont toujours pas commencé. Selon cette agricultrice, les graines devraient déjà être en pleine germination à cette période de l’année, mais l’absence prolongée des pluies a paralysé toutes les activités agricoles. « Tous les cultivateurs que je connais gardent encore leurs semences, dans l’attente d’une pluie qui tarde à venir », explique-t-elle.
Cette situation inquiète fortement les communautés rurales qui dépendent de l’agriculture vivrière pour leur survie. Madame Nabami redoute déjà les conséquences. « La faim va impacter nos vies si la pluie continue à se faire attendre », confie-t-elle avec une profonde inquiétude.
Pour tenter de faire face à cette crise, cette mère de famille s’est tournée vers le petit commerce afin de subvenir aux besoins quotidiens de son ménage, en attendant le retour des pluies.
Le retard du calendrier agricole est devenu une réalité récurrente au Sud-Kivu, conséquence directe des perturbations climatiques. Ce phénomène compromet la sécurité alimentaire des ménages, fragilise l’économie locale et augmente la vulnérabilité des populations rurales.
Face à cette situation, les experts appellent à renforcer les stratégies d’adaptation : promotion de l’agroécologie, diversification des cultures, amélioration des systèmes de stockage des semences et accompagnement des paysans pour réduire leur dépendance aux pluies imprévisibles.
Le témoignage de madame Nabami reflète le cri d’alarme de milliers de cultivateurs du Sud-Kivu. Sans semis, c’est toute une communauté qui risque de basculer dans l’insécurité alimentaire, rappelant l’urgence d’agir contre les effets du changement climatique.
