Bukavu : La ville pourrait connaître une crise hydrique majeure à l’horizon 2050(Zaramba Michel)
La ville de Bukavu, déjà confrontée à une forte pression démographique et aux impacts du changement climatique, pourrait connaître une crise hydrique majeure à l’horizon 2050. C’est l’alerte lancée par Akilimali Zaramba Michel, dans son mémoire de Master complémentaire en Développement Rural, soutenu à l’Université Évangélique en Afrique.
Selon lui, il est urgent d’adapter la planification urbaine aux défis de demain :
« Les infrastructures actuelles ne suffiront plus dans une ville qui comptera probablement plus de 4 millions d’habitants en 2050. Il faut anticiper dès aujourd’hui les besoins et intégrer les effets du changement climatique dans la planification », explique Akilimali.
Le chercheur recommande également de ne pas se limiter aux sources existantes :
« Le lac Kivu, la rivière Ruzizi, les nappes souterraines et la collecte d’eau de pluie doivent être intégrés dans une stratégie globale. C’est la seule manière de sécuriser durablement l’approvisionnement en eau. »
La solution passe aussi par l’implication des communautés locales :
« L’État ne peut pas, à lui seul, gérer toutes les sources d’eau. Les comités de gestion communautaire doivent être renforcés, car ils constituent un relais essentiel pour une gestion de proximité et durable », soutient-il.
La question de l’équité dans l’accès à l’eau est au centre de ses propositions :
« Sans justice sociale, la crise de l’eau frappera d’abord les plus pauvres. Une tarification différenciée et des mécanismes de solidarité sont nécessaires pour que personne ne soit laissé pour compte », plaide Akilimali.
Pour lui, l’eau est bien plus qu’une ressource technique :
« L’eau n’est pas seulement une question d’ingénierie. Elle est un enjeu social, économique et politique. Nous devons agir ensemble, maintenant, pour éviter le pire demain. »
Ce mémoire a été dirigé par le Professeur MUBALAMA KAKIRA Léonard et le Professeur Ordinaire KACHO KARUME.
