Kabare : des organisations paysannes reçoivent des semences pour renforcer la résilience face à la crise sécuritaire et climatique
Dans les villages riverains du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), l’espoir renaît au sein des communautés agricoles durement affectées par la crise sécuritaire et les effets du changement climatique. Grâce au financement du Global Greengrants Fund (GGF), le Centre d’Appui au Développement et à la Gestion de l’Environnement (CADGE) a distribué des semences le 25 septembre 2025 et initié une série des formations pratiques à l’intention de 124 membres de quatre organisations paysannes : OP La Confiance Plus, OP Mamans Tonde Tonde, OP Rhugwasikanye et OP Écolo Femmes.

Ces paysans et paysannes, qui avaient pour beaucoup consommé leurs réserves de semences à cause du conflit armé entre l’AFC/M23 et les groupes Wazalendo, bénéficient désormais d’un accompagnement technique autour du semis en association de cultures (arachide, haricot, soja, petit-pois, maïs) et du semis en ligne. Ces techniques permettent de limiter les pertes, d’améliorer la fertilité des sols et de protéger la biodiversité du PNKB.
Selon Kely Matabaro, ingénieur agronome au CADGE :
« Notre objectif est d’adapter l’agriculture locale aux réalités climatiques actuelles, tout en protégeant la biodiversité unique du PNKB. Quand les paysans pratiquent des cultures durables, cela réduit la pression sur la forêt et favorise la sécurité alimentaire, surtout en cette période marquée par l’insécurité. »
Pour Espérance Murandikire, coordinatrice de l’OP Écolo Femmes, cette aide est vitale :
« Nos semences avaient été consommées à cause de la guerre et plusieurs familles se tournaient vers la coupe de bois dans le parc pour survivre. Aujourd’hui, grâce au soutien du CADGE et de son bailleur, nous pouvons non seulement avoir des semences mais aussi produire notre nourriture. Cela nous redonne espoir. »
De son côté, Feza M’wa Mwambusa, bénéficiaire, exprime sa gratitude mais rappelle un défi :
« L’aide en semences nous soulage après la consommation de nos stocks et l’interdiction du commerce en période de guerre. Mais il faut aller plus loin, car les semences sont données aux associations, alors que beaucoup de ménages manquent encore de champs et de moyens pour cultiver. »
En plus de la distribution de semences, le projet inclut des formations sur le semis en ligne, la dératisation et l’utilisation raisonnée d’engrais, des pratiques innovantes qui renforcent la résilience agricole tout en protégeant le PNKB, classé patrimoine mondial de l’UNESCO.
En conjuguant soutien matériel, renforcement des capacités et conservation environnementale, cette initiative contribue à soulager les ménages fragilisés et à jeter les bases d’une agriculture durable au Sud-Kivu.


