Burundi – RDC : le HCR lance les premiers retours volontaires depuis le Burundi
Le processus de retour volontaire des réfugiés congolais vivant au Burundi est désormais enclenché.
Selon Brigitte Niyonzima, un premier convoi de 470 personnes a quitté le territoire burundais pour regagner l’est de la République démocratique du Congo.
Ces réfugiés font partie des plus de 100 000 Congolais ayant fui les violences dans l’Est du pays depuis décembre dernier. Parmi eux, environ 66 000 avaient été relocalisés vers le site de Boussumba, au Burundi.
« Ce sont des réfugiés qui ont exprimé volontairement leur volonté de rentrer chez eux. Nous avons donc commencé à les accompagner dans ce processus », a expliqué la responsable du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
Le convoi en cours concerne principalement des retours vers la ville d’Uvira et d’autres localités jugées sécurisées. Selon le HCR, le principe fondamental reste le volontariat, combiné à une évaluation rigoureuse des conditions de sécurité dans les zones de retour.
Un accompagnement à la réintégration
Pour faciliter ce retour, les réfugiés bénéficient d’une prise en charge du transport depuis le Burundi. À leur arrivée en RDC, un paquet de réintégration est prévu pour les aider à reconstruire leur vie.
Ce dispositif comprend une assistance alimentaire de deux mois fournie par le Programme alimentaire mondial, ainsi qu’un appui financier en espèces du HCR pour les adultes et les enfants.
Des mesures sont également prévues pour faciliter la réinsertion scolaire des élèves.
Priorité aux volontaires et aux cas spécifiques
Le processus cible en priorité les réfugiés qui se présentent volontairement à l’enregistrement. Certaines catégories bénéficient toutefois d’une attention particulière, notamment les fonctionnaires souhaitant reprendre leurs fonctions en RDC, ainsi que les élèves finalistes désireux de poursuivre leur année scolaire.
« Le principe est simple : premier arrivé, premier servi, tant que les conditions de sécurité sont réunies », précise Brigitte Niyonzima.
La sécurité comme condition non négociable
Le HCR insiste sur un critère clé : aucun retour ne sera facilité vers des zones encore instables.
« Il est exclu de rapatrier des personnes vers des zones où elles risqueraient de se retrouver à nouveau déplacées », souligne la responsable.
Les zones de retour sont identifiées en coordination avec les autorités congolaises et les équipes humanitaires sur le terrain. L’objectif est de garantir un retour durable, dans des conditions de sécurité et de dignité.
Un processus progressif
Alors que les retours viennent de débuter, des milliers d’autres réfugiés restent encore au Burundi. Leur rapatriement dépendra de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Pour le HCR, l’enjeu est d’éviter des retours précipités qui pourraient replonger les populations dans un cycle de déplacement. Le mot d’ordre reste clair : volontariat, sécurité et dignité.
