Fizi : recrudescence des violences contre des personnes âgées accusées de sorcellerie
La situation sécuritaire et sociale devient préoccupante dans le territoire de Fizi, où plusieurs cas d’attaques ciblant des personnes âgées ont été signalés ces dernières semaines.
Ces victimes, pour la plupart âgées de plus de 60 ans, sont accusées de sorcellerie par des membres de leurs propres communautés, avant d’être violemment prises pour cibles.
Dans l’un des villages touchés, une jeune fille peine encore à comprendre la mort brutale de sa grand-mère, âgée de 70 ans.
« Nous avons perdu notre grand-mère ici même… Nous sommes choqués d’apprendre qu’elle a été tuée parce qu’on l’accuse de sorcellerie. Nous n’avons jamais vu cela de toute notre vie », témoigne-t-elle, visiblement bouleversée.
Face à cette vague de violences, l’administrateur du territoire, Samy Kalondji Badibanga, condamne fermement ces actes qu’il qualifie de graves atteintes à l’image et à la cohésion sociale de la région.
« Les décès sont nombreux à Fizi, dans tous les quatre secteurs du territoire. Des personnes armées inconnues tuent des personnes âgées de plus de 60 ans », alerte-t-il.
Du côté de la société civile, les réactions sont tout aussi préoccupées. Amisi Mayuto François, président d’une organisation des forces vives du groupement Balala-Nord dans le secteur de Tanganyika, dénonce une dérive alimentée par des croyances erronées et un climat de peur.
« Lorsqu’un malheur survient dans une famille, certains accusent systématiquement une personne âgée d’en être responsable », explique-t-il.
Les organisations locales de défense des droits humains pointent également un déficit de protection juridique et sociale des personnes âgées, souvent laissées sans mécanismes de défense face à ces accusations.
Elles qualifient ces actes de violations graves des droits fondamentaux, appelant à une réponse urgente et coordonnée des autorités.
Dans ce contexte, plusieurs voix s’élèvent pour exiger des mesures concrètes : poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes, renforcement de la sécurité dans les villages, et campagnes de sensibilisation pour déconstruire les stigmatisations liées à la sorcellerie.
