Kabare : à Bohozi, 15 000 sinistrés après des catastrophes climatiques
Le village de Bohozi traverse une crise humanitaire aiguë après une succession de catastrophes naturelles liées aux pluies torrentielles. Selon une évaluation menée mi-avril par la Congo Basin Conservation Society, près de 15 000 personnes (2 500 ménages) sont aujourd’hui sans abri.
Depuis 2024, la zone est régulièrement frappée par des glissements de terrain, des éboulements et une forte érosion des sols. Le bilan humain est lourd : au moins 50 morts, dont des femmes et des enfants. Plus de 1 000 maisons se sont effondrées, laissant des familles entières sans refuge.
Les infrastructures de base sont gravement touchées. Des écoles ont été détruites, interrompant la scolarité de nombreux enfants, tandis que des centres de santé endommagés limitent l’accès aux soins. Par ailleurs, la destruction et la contamination des sources d’eau exposent la population à des maladies hydriques comme la diarrhée.
Dans les zones d’accueil, les conditions de vie sont critiques. Les déplacés vivent dans la promiscuité, souvent hébergés par des proches ou installés dans des sites à risque. Cette situation accroît les tensions sociales et les risques de protection. Au moins 10 cas de violences sexuelles ont été signalés.
Sur le plan économique, les cultures ont été ravagées, aggravant l’insécurité alimentaire. De nombreuses familles n’ont plus de moyens de subsistance et dépendent désormais d’une aide extérieure.
Face à cette situation, les besoins sont urgents et multisectoriels : abris d’urgence, vivres, accès à l’eau potable, soins de santé, ainsi que protection des personnes vulnérables. La réhabilitation des écoles et la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage sont également prioritaires pour éviter l’abandon scolaire.
Sur le plan environnemental, des actions de reboisement et de stabilisation des sols sont recommandées afin de prévenir de nouvelles catastrophes.
La Congo Basin Conservation Society appelle à une réponse humanitaire coordonnée impliquant autorités et partenaires. Sans intervention rapide, la situation risque de s’aggraver davantage dans cette zone déjà fragilisée par les effets du changement climatique.
