Bukavu : la rougeole frappe les enfants, l’inquiétude monte dans les familles
Dans plusieurs quartiers de Bukavu, des parents vivent désormais avec une peur constante : voir leur enfant tomber malade. Depuis quelques semaines, les cas de Rougeole augmentent de manière inquiétante, surtout dans la zone de santé de Kadutu.
Derrière les chiffres, il y a des visages. Des nourrissons fiévreux, des enfants couverts d’éruptions cutanées, des parents désemparés qui hésitent parfois à se rendre au centre de santé faute de moyens.
« Mon enfant avait de la fièvre, mais je n’avais pas d’argent pour consulter », confie une mère rencontrée à Buholo.
Selon la Dynamique d’Acteurs pour les Questions de la Patrie, presque toutes les aires de santé de Kadutu signalent une hausse des cas. À Nyamulagira et Buholo II, une dizaine de nouveaux cas sont enregistrés chaque semaine. À Funu et SOS, les chiffres sont plus faibles, mais restent préoccupants. Plus grave encore, des décès ont déjà été signalés.
Les enfants de 6 mois à 5 ans sont les plus touchés. Mais le vrai problème, disent les acteurs de terrain, c’est ce qui se passe en silence. Beaucoup d’enfants malades ne sont jamais enregistrés. Ils restent à la maison, parfois soignés avec des moyens de fortune.
La maladie se propage vite. Et les obstacles sont nombreux : manque d’argent, manque d’information, peur ou méfiance envers les structures de santé. Dans certains centres, les médicaments manquent, le personnel est débordé.
Face à cette situation, l’inquiétude grandit. La DYNAP appelle à une réaction immédiate : rendre les soins accessibles, lancer une campagne de vaccination, renforcer les centres de santé.
Mais au-delà des institutions, le message s’adresse aussi aux familles. Reconnaître les signes fièvre, toux, boutons et agir vite peut sauver des vies.
À Bukavu, la rougeole n’est plus un simple problème de santé. C’est une urgence qui se joue dans les maisons, dans les rues… et dans le silence de nombreux parents.
