KALONGE/Sud-kivu : Des structures sanitaires à bout de souffle
La zone de santé de Kalonge, en territoire de Kalehe, traverse une crise sanitaire d’une gravité extrême. Les deux centres hospitaliers, l’hôpital général de référence et les 19 centres de santé qui couvrent la région sont en rupture totale de médicaments, exposant la population locale à des risques mortels.
Selon le docteur François Tumusifu, médecin chef de Staff à l’hôpital général de kalonge, les derniers médicaments reçus datent de novembre 2024, via le partenaire AAP financé par PMNS ( programme multi sectoriel de nutrition et Santé)
« Ces stocks sont totalement épuisés, et nous peinons à nous approvisionner, même pour les cas les plus urgents », confie-t-il à bkinfos.net.
Plusieurs formations sanitaires, dont le centre de santé de Bisisi, celui de Bulungu, le centre hospitalier de Rambo, Caminunu et même l’hôpital général de référence de Kalonge, ne disposent plus d’aucun médicament de base. Résultat, aucune prise en charge effective n’est possible, même pour les pathologies les plus bénignes.
La situation a poussé les leaders communautaires à tirer la sonnette d’alarme.
« Nous demandons aux organisations humanitaires de venir en aide à la zone de santé de Kalonge par tous les moyens possibles afin de sauver les paisibles citoyens en souffrance », lance Éric Makusudi Zagabe, président de la société civile de Kalonge.
Un cri du cœur partagé par Aubin Kayumbu, président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile :
« Si rien n’est fait, les habitants vont mourir gratuitement. Raison pour laquelle nous appelons les acteurs humanitaires à intervenir vite, avec des médicaments. »
Dans cette région enclavée où les conditions de vie sont déjà précaires, la crise médicale actuelle pourrait rapidement dégénérer en catastrophe humanitaire si rien n’est fait dans l’immédiat. Les pathologies courantes comme le paludisme, les infections respiratoires et les complications liées à la tuberculose ne peuvent plus être traitées.
Face à cette urgence sanitaire, les acteurs locaux demandent l’intervention rapide du Ministère de la Santé, du Fonds humanitaire de la RDC, des agences comme MSF, Caritas, le CICR, ainsi que des organisations locales et internationales intervenant dans la santé communautaire.
