Justice populaire à Idjwi : un 4e cas en deux mois, un jeune homme tué par la foule à Washiha
Un nouveau drame de justice populaire a coûté la vie à un jeune homme dans la nuit du jeudi à vendredi, dans le village de Washiha, situé dans le groupement Kihumba, chefferie de Rubenga, territoire d’Idjwi ce 25 juillet 2025. Il s’agit du quatrième cas recensé en l’espace de deux mois, selon les données compilées par lapresseafricaine.net.
La victime, Gentil Kasereka, âgé de 36 ans et originaire de Kibale, a été sauvagement battue à mort par des habitants en colère, vers 2 heures du matin, après avoir été surpris en flagrant délit de vol au domicile du docteur Jacques Sebisaho à Katonda, rapporte Pacifique Mugaru, témoin local.
« Il a été attrapé en plein vol, et les habitants l’ont lynché jusqu’à ce qu’il rende l’âme », déclare Mugaru, ajoutant que la victime laisse derrière elle une épouse et sept enfants.
Des chiffres qui inquiètent
Entre juin et juillet 2025, le territoire insulaire d’Idjwi a enregistré quatre cas de justice populaire, tous ayant abouti à la mort de jeunes hommes. Ces exécutions sommaires traduisent une perte croissante de confiance dans le système judiciaire local, selon plusieurs observateurs.
Malgré les campagnes de sensibilisation menées par les organisations de défense des droits de l’homme, ces pratiques persistent et violent de manière flagrante la présomption d’innocence et les droits fondamentaux garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Un appel à l’État de droit
Face à cette tendance préoccupante, des voix s’élèvent pour appeler les autorités locales et provinciales à renforcer la présence policière, accélérer les procédures judiciaires, et punir les auteurs de justice populaire. Sans réponse étatique claire, la population pourrait continuer à se faire justice elle-même, au mépris de l’État de droit.
