Occupation de Bukavu par AFC M23 : « Nous avons l’impression que la guerre ne fait que commencer » témoignage de madame Charlie
Charlie (nom d’emprunt), mère d’un enfant et habitat à LUZIBA dans la ville de Bukavu, se souvient encore avec angoisse des jours qui ont précédé l’arrivée du M23 dans la ville le dimanche 16 mars 2025. « J’étais dans une psychose permanente, redoutant les affrontements imminents. Je ne savais plus sur quel pied danser », confie-t-elle à un journaliste de Bukavu qui a ecrit ce recit pour www.bkinfos.net le 18 mars 2025
Puis tout s’est précipité. Le retrait soudain des FARDC le 13 février 2025 a changé la donne.
« Les enfants ont pris les armes et ont tiré en desordre, et nous, nous sommes enfermés dans de maisons pendant plus 24 heures suite au tirs de balles en desordre. »
Partir ou rester ? Une question existentielle
Comme de nombreux habitants, Charlie s’est retrouvée face à un dilemme, fuir la ville ou s’accrocher en espérant que la situation s’améliore. « Une question noble que se posait la plupart de mes amis », dit-elle. Finalement, elle a choisi de rester, mais dans la peur et l’incertitude, attendant l’arrivée des « libérateurs ».
À leur entrée dans la ville, les discours des autorités de AFC M23 qui ont plus d’un mois dans la ville laissaient entrevoir un changement positif. Mais rapidement, la réalité a pris le dessus.
« Sur tous les plans, sécuritaire, économique, social – la situation ne fait qu’empirer », déplore Charlie.
Les habitants de Bukavu, déjà éprouvés par des années d’instabilité, voient leur quotidien s’enfoncer dans un chaos grandissant. « Chaque jour qui passe, nous avons l’impression que la guerre ne fait que commencer. »
Entre insécurité grandissante, pénuries et effondrement de l’économie locale, la vie est devenue une épreuve de survie.
Pour Charlie et tant d’autres, l’avenir reste incertain, mais une chose est sûre ; l’espoir d’un lendemain meilleur s’amenuise jour après jour.
