RDC : Un magistrat dément toute allégeance au M23 et dénonce une décision arbitraire de blocage de son salaire
Le magistrat MUYANGAYANGA BYAMUNGU Gilbert, juge d’instance au Tribunal de Grande Instance de Bunia, rejette fermement les accusations portées contre lui et dénonce une mesure injustifiée de blocage de son salaire. Il réagit à la lettre n°66/SPCSM/J/D7/PM/2025, de février 2025 ecrite depuis Bunia, instruisant le gel de ses comptes ainsi que ceux d’une autre magistrate, Mme DUNGUSA LIABANA.
Selon cette correspondance, signée « sous réserve d’authenticité », les magistrats concernés auraient publiquement affiché leur allégeance au mouvement insurrectionnel M23/AFC et à l’armée d’occupation RDF dans une vidéo diffusée en ligne.
Une accusation que MUYANGAYANGA BYAMUNGU Gilbert réfute catégoriquement, la qualifiant de fausse, diffamatoire et mettant en péril sa sécurité et celle de sa famille.
Le juge rappelle qu’il a été affecté au Tribunal de Grande Instance de Bunia par une décision officielle du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) en décembre 2023, et qu’il a prêté serment dans cette fonction en janvier 2024. Il affirme n’avoir jamais exercé au Tribunal de paix de Goma, où il est censé être en poste selon une autre décision publiée sur les réseaux sociaux en mars 2024, mais dont il n’a jamais été notifié.
De plus, il explique qu’entre janvier et février 2025, il se trouvait à Aru pour des audiences foraines sous l’autorité du Tribunal de Grande Instance de Bunia, rendant impossible sa présence à Goma et donc toute implication dans les faits allégués.
Face à la gravité des accusations, MUYANGAYANGA BYAMUNGU met quiconque au défi d’apporter une preuve de sa présence dans la vidéo incriminée. Il souligne que depuis avril 2024, où il est brièvement passé par Goma pour se rendre aux obsèques de son père à Bukavu, il n’a plus jamais remis les pieds dans la ville.
Estimant être victime d’une cabale orchestrée par des personnes malveillantes, il demande au Secrétaire Permanent du Conseil Supérieur de la Magistrature de déconsidérer cette décision et de lever sans délai le blocage de son salaire, afin de ne pas le pénaliser injustement ainsi que sa famille.
La diffusion massive de cette correspondance sur les réseaux sociaux met en danger la vie du magistrat et celle de ses proches. Dans un contexte sécuritaire tendu à l’Est de la RDC, de telles accusations exposent les personnes visées aux représailles populaires et aux tracasseries des services de sécurité.
Cette affaire pose une nouvelle fois la question du respect des procédures disciplinaires au sein de la magistrature congolais.
