RDC. la MONUSCO hérite le mandat difficile contre les groupes armés de l’Est
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité, cet après-midi, la résolution 2808 (2025) prorogeant jusqu’au 20 décembre 2026 le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, MONUSCO, ainsi que, à titre exceptionnel, celui de sa brigade d’intervention.
Présentée par la France, cette résolution maintient les plafonds autorisés des effectifs de la Mission, fixés à 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées.
Le Conseil de sécurité réaffirme que les priorités stratégiques de la MONUSCO demeurent la protection des populations civiles dans sa zone de déploiement, la mise en œuvre des objectifs fixés par la résolution 2773 (2025) et la stabilisation ainsi que le renforcement des institutions de l’État congolais.
La résolution 2808 autorise également la MONUSCO à appuyer la mise en œuvre d’un cessez le feu permanent, conformément aux dispositions de la résolution 2773 (2025), dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la persistance des violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo.
Encadré explicatif.
Résolution 2773 (2025), ce qu’il faut comprendre
Adoptée par le Conseil de sécurité, la résolution 2773 (2025) définit le cadre politique et sécuritaire de l’engagement des Nations Unies en République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces orientales.
Elle vise à instaurer un cessez le feu permanent et vérifiable entre les parties en conflit, à renforcer la protection des populations civiles face aux violences armées et à réduire durablement la capacité de nuisance des groupes armés opérant sur le territoire congolais, en appui aux forces nationales et dans le respect du droit international humanitaire.
La résolution poursuit également l’objectif de rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits, notamment par le déploiement effectif de l’administration civile, de la justice et des forces de sécurité. Elle soutient en outre les initiatives diplomatiques et régionales destinées à stabiliser l’est du pays et à préserver la souveraineté ainsi que l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Enfin, la résolution 2773 vise à créer les conditions d’un désengagement progressif, responsable et conditionné de la MONUSCO, subordonné à une amélioration tangible de la situation sécuritaire et au renforcement des capacités nationales.
Le Conseil de sécurité rappelle par ailleurs que la zone d’opérations de la MONUSCO est désormais limitée aux provinces du Nord Kivu et de l’Ituri. Il note qu’une pause est intervenue dans le processus de désengagement progressif de la Mission, initialement convenu avec le Gouvernement congolais, en raison de la dégradation des conditions de sécurité sur le terrain.
« La prolongation de la mission de la MONUSCO ne doit pas s’inscrire dans l’inutilité légendaire de cette mission onusienne en RDC. Elle doit se focaliser uniquement sur la formation de bataillons de forces spéciales des FARDC aux techniques de combat en “jungle”. écrit sur son compte X Monsieur Christian NYAMABO
Cette prorogation du mandat traduit la volonté du Conseil de sécurité d’adapter la présence onusienne à l’évolution de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, tout en maintenant la pression diplomatique en faveur d’une stabilisation durable et d’un renforcement effectif de l’autorité de l’État.
