RDC : L’ICCN ordonnerait des transferts d’animaux sans traçabilité, Selon Société Civile environnementale
Le Regroupement des Organisations de la Société Civile Environnementale en RDC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme contre ICCN et refuse de briser silence.
Dans une note de position adressée à la Ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, les organisations regroupées au sein de la SOCEARUCO expriment une « indignation profonde » face à ce qu’elles qualifient d’effondrement institutionnel du système national de conservation.
Le mouvement, porté notamment par le Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), pointe un « dysfonctionnement devenu structurel » au sein de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Selon ces organisations, le dernier rapport du Secrétariat de la CITES ne fait que « confirmer des dérives observées, documentées et signalées depuis plusieurs années ».
« L’ICCN, institution censée protéger la biodiversité d’importance mondiale du Bassin du Congo, se comporte aujourd’hui comme un acteur contribuant à son érosion », déclare Josué Aruna, Ambassadeur écologique du Bassin du Congo et membre de SOCEARUCO RDC.
Il affirme que les organisations de la société civile ne peuvent plus se taire « face à des faits répétés, institutionnalisés et désormais reconnus au niveau international ».
Les griefs sont nombreux : transferts d’animaux sans traçabilité, exportations suspectes, refus de confier les animaux saisis aux sanctuaires accrédités, opacité financière autour des partenariats internationaux, conflits d’attributions entre ICCN et Corps PPN, ou encore implication dans l’exploitation minière illégale en zones protégées.
« Lorsque nous voyons des chimpanzés, des tortues, des oiseaux et d’autres espèces protégées quitter le pays dans des conditions douteuses, pendant que nos écosystèmes s’effondrent, nous comprenons qu’il ne s’agit plus d’erreurs mais d’un système », estime un représentant de la plateforme environnementale, sous couvert d’anonymat.
Les organisations rappellent que la Constitution et les lois nationales imposent une obligation claire à l’État : protéger la biodiversité et lutter contre le trafic des espèces. « La RDC ne peut pas se présenter comme championne de l’économie verte dans les forums internationaux, tout en fermant les yeux sur des exportations illégales d’espèces inscrites à l’Annexe I de la CITES », souligne la note.
La société civile exige notamment un moratoire immédiat sur tous les contrats internationaux impliquant le transfert d’espèces vivantes, une enquête indépendante, un audit de l’ICCN, la suspension des cadres mis en cause et la création d’un mécanisme national de traçabilité de la faune. « Le silence du gouvernement face au rapport de la CITES finira par résonner dans les salons diplomatiques », avertit Josué Aruna.
Pour les organisations signataires, l’enjeu dépasse la simple gestion administrative. Elles parlent sans détour « d’écocide », appelant à des poursuites judiciaires contre tous les responsables, civils ou militaires, impliqués dans des actes portant atteinte aux espèces protégées. « Le peuple congolais n’acceptera jamais que ses richesses naturelles soient sacrifiées au profit d’intérêts privés », insiste la note de position.
En conclusion, la société civile demande une réponse urgente, écrite et exécutoire du gouvernement. « Le pays ne peut pas rester immobile alors que sa crédibilité internationale est mise à mal et que sa biodiversité emblématique disparaît sous nos yeux », affirme CBCS-Network, qui se réserve le droit de saisir la justice congolaise et le Secrétariat de la CITES si aucune action immédiate n’est entreprise.
Du côté de ICCN aucune déclaration officielle n’est sortie jusque là sur ces accusations lourdes de la société civile environnementale.
