RDC : Sans la femme de la societe civile de l’Est, les accords de paix n’auront pas d’impact(AFEM)
Pendant trois jours, 50 femmes de la société civile du Nord et du Sud-Kivu se sont réunies à Bukavu pour analyser, corriger et renforcer leur compréhension des accords et mécanismes de paix en vigueur à l’Est de la RDC.
Objectif de cette rencontre combler les lacunes, mais surtout faire entendre une revendication devenue non négociable leur inclusion effective dans les processus de paix.
Lors d’une conférence de presse tenue ce 18 mars 2026, à l’issue à l’issue du lancement du projet « Impact » et de vulgarisation des accords de paix, ces femmes ont dénoncé leur marginalisation persistante dans les espaces de décision.
La directrice de AFEM, madame Julienne BASEKE a rappelé que les femmes, bien que premières victimes des conflits armés, restent paradoxalement absentes des tables de négociation.
« Elles sont pourtant les piliers du relèvement communautaire après les crises », a-t-elle insisté, regrettant que la paix continue de se discuter sans elles.
Même indignation du côté de SOLANGE LWASHIGA intervenante lors de cette rencontre, qui a souligné qu’aucune femme n’avait été impliquée dans certaines discussions internationales récentes, notamment à Washington et à Doha.
Un constat jugé alarmant par les participantes, qui ont décidé de « briser le silence » en posant leur participation comme une condition essentielle à tout processus de paix crédible.
Les revendications des participantes s’appuient notamment sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de la Nations Unies, qui préconise l’implication des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix.
Prenant la parole, Rachel Mululu, point focal du mouvement Femme, Paix et Sécurité à Goma et membre de l’organisation FUDEI, a insisté sur l’enjeu de légitimité :
« La femme doit être incluse dans les accords de paix pour garantir leur crédibilité. Sa présence permet de porter les besoins réels du terrain et d’assurer la durabilité des engagements pris. »
De son côté, Rose Mate a alerté sur l’ampleur des conséquences humanitaires du conflit, évoquant plus de 85 000 victimes enregistrées à l’Est de la RDC en 2025. Un chiffre qui renforce, selon elle, l’urgence d’une approche inclusive dans les négociations.
Plusieurs organisations locales ont pris part à ces travaux, marquant une dynamique collective en faveur d’une paix plus représentative. Pour ces femmes, le message est désormais clair : sans inclusion, les accords resteront fragiles voire déconnectés des réalités du terrain.

