Sud-Kivu : plus de 60 000 $ du fonds de réhabilitation minière introuvables (rapport Max Impact)
Un puits abandonné dans le carré minier de Luhihi. ©tiers septembre 2026
Les données financières liées à la réhabilitation de l’environnement dans le secteur minier artisanal au Sud-Kivu révèlent de profondes incohérences, selon une étude publiée par Max Impact en 2024 sur la gouvernance PURUSI, rapport publié ce mois de Mars 2026.
Le rapport, rédigé par Safanto Bulongo, met en évidence un écart troublant entre les montants déclarés, perçus et effectivement tracés dans les comptes bancaires.
D’après les chiffres de la Division provinciale des mines, les montants perçus pour la réhabilitation de l’environnement s’élèvent à
32 821 dollars américains et 16 857 100 francs congolais.
Sur ce total, 29 621 dollars et 13 827 500 francs congolais auraient été effectivement payés. Cependant, ces données contrastent avec celles reprises dans le rapport financier basé sur les relevés de Access Bank, où le compte dédié affiche 38 491 dollars américains et 17 457 450 francs congolais.
L’écart se creuse davantage lorsqu’on examine une fiche bancaire couvrant la période du 15 juillet au 7 octobre 2024, qui mentionne seulement 24 368,60 dollars américains crédités sur le compte
« Réhabilitation de l’environnement » domicilié à Bukavu. Une divergence qui soulève des interrogations sur la cohérence et la traçabilité des flux financiers.
Plus révélateur encore, les preuves de paiement fournies par huit coopératives minières opérant dans l’espace de Kamituga indiquent un versement cumulé de 63 662,75 dollars américains et environ 1 360 000 francs congolais.
Un montant largement supérieur à celui collecté officiellement à l’échelle provinciale, estimé à 38 491 dollars et 17 457 450 francs congolais.
Ces contradictions mettent en évidence un déficit d’orthodoxie financière et de transparence dans la gestion des fonds publics liés à l’environnement.
Alors que les ressources existent sur le papier, leur impact reste difficilement perceptible sur le terrain. Pour plusieurs observateurs, ces écarts renforcent la nécessité d’un audit indépendant afin de clarifier les circuits financiers et garantir une utilisation effective des fonds au profit de la réhabilitation des sites miniers dégradés.

