Sud-Kivu : à Miti, les femmes se mobilisent pour défendre leurs droits fonciers et successoraux
Les femmes de Miti ont affirmé avec force leur détermination à défendre leurs droits à la terre, à l’héritage et à l’éducation lors d’une rencontre organisée le 28 novembre 2025 à la salle Muzusangabo.
L’événement, initié par ASIPROPD en collaboration avec le Club Zaida Catalan pour la Paix et la Sécurité ainsi que SARCAF, s’inscrivait dans le cadre de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes.
Les échanges ont mis en lumière la persistance de pratiques discriminatoires qui continuent de priver les femmes de droits pourtant reconnus par la loi. Plusieurs participantes ont partagé des expériences douloureuses, évoquant notamment l’exclusion dans l’accès aux terres familiales ou l’impossibilité de faire valoir leurs droits successoraux. L’intensité des témoignages a montré une volonté collective longtemps contenue et aujourd’hui prête à s’affirmer.
L’exposé juridique présenté par Maître Samuel Mulemangabo a constitué un moment clé de la rencontre. En clarifiant les dispositions légales sur la succession, la propriété foncière et l’égalité des droits, il a donné aux femmes des outils concrets pour revendiquer leurs droits sans crainte d’intimidation ou de manipulation coutumière. Plusieurs participantes ont souligné que cet éclairage était une première étape vers une conscientisation durable.
Ensemble, ces organisations ont rappelé que la défense des droits des femmes nécessite un travail collectif capable d’influencer les normes sociales, les pratiques coutumières et les décisions locales.
Une commission communautaire a été créée pour engager un dialogue structuré avec les chefs coutumiers et les leaders sociaux. Elle aura pour mission d’obtenir des engagements formels contre l’exclusion des femmes dans l’accès à la terre et l’héritage.
Un mécanisme d’alerte communautaire a également été mis en place afin de prévenir les injustices successorales et d’intervenir rapidement en cas de violation.
L’initiative ne s’arrête pas à Miti. Les organisateurs ont annoncé que des étapes similaires seront organisées à Kavumu, Kashusha et Kalonge pour renforcer la mobilisation dans l’ensemble des communautés riveraines du Parc National de Kahuzi-Biega.
