Sud-Kivu : à Wamuzimu, les autorités coutumières bloquent les projets miniers de l’entreprise Strategos
Le ton s’est durci dans cette entité du Wamuzimu ce 14 avril 2026. Réunis autour du Mwami Longangi IV Byemba Kampangalasa Christian, les acteurs locaux ont opposé une fin de non-recevoir à toute exploitation minière jugée non conforme aux exigences légales et communautaires.
Dans une réunion ayant rassemblé autorités coutumières, services techniques, représentants de la société civile et leaders religieux, la chefferie a clairement mis en garde la société Strategos.
Aucune activité ne sera tolérée sans transparence totale, sans documents en règle et sans garanties concrètes pour les populations locales.
Au centre des échanges, un rappel strict du cadre légal. Plusieurs dispositions du Code minier et du règlement en vigueur ont été évoquées, notamment celles encadrant l’octroi des titres, les obligations sociales des entreprises et la protection des communautés. Pour les autorités locales, ces textes ne sont plus de simples références administratives mais des conditions incontournables.
La société Strategos est ainsi appelée à prouver sa légitimité auprès des instances nationales, notamment à Kinshasa, en présentant l’ensemble des documents requis et en clarifiant sa situation juridique. La chefferie exige également un cahier des charges formel ainsi qu’un protocole d’accord garantissant des retombées directes pour la population.
Sur place, le message est clair. Sans bénéfices visibles pour la communauté, il n’y aura pas d’exploitation. Cette position, largement soutenue par les participants, traduit une volonté de reprendre le contrôle sur les ressources locales dans un contexte marqué par de nombreuses controverses autour de la gestion minière.
Une nouvelle réunion est prévue le 16 avril. La société attendue devra apporter des preuves concrètes de conformité. À défaut, les autorités préviennent que toute tentative d’exploitation sera considérée comme illégale.
À ce jour, la chefferie de Wamuzimu affirme n’avoir reconnu aucune entreprise minière comme pleinement conforme à ses exigences. Une ligne dure qui pourrait redéfinir les rapports entre communautés locales et opérateurs miniers dans la région.
