Sud-Kivu : la pénurie d’eau potable expose des milliers d’habitants aux maladies hydrique
La carence persistante en eau potable dans les groupements de Kamanyola (territoire de Walungu) et Munanira (territoire de Kalehe), ainsi que dans plusieurs quartiers de la ville de Bukavu, expose les populations à de graves risques sanitaires. Depuis plusieurs jours, de nombreux habitants sont contraints de s’approvisionner dans les rivières et autres sources non protégées, augmentant ainsi le risque de maladies d’origine hydrique.
Kamanyola : un réseau hydraulique obsolète et saturé
À Kamanyola, notamment dans les quartiers Mulira et Rubumba, situés au nord de la cité, plusieurs bornes fontaines sont hors service. L’eau n’y coule plus. Les rares points d’eau encore fonctionnels ne suffisent pas à couvrir les besoins de la population.
Le président du comité de gestion de l’eau potable de Kamanyola explique cette pénurie par la vétusté des infrastructures et la croissance rapide de la population, alimentée par l’afflux de personnes déplacées.
Construit en 1990 pour desservir environ 15 000 habitants, le circuit hydraulique de Kamanyola est aujourd’hui largement dépassé. La population est désormais estimée à plus de 100 000 habitants.
« Il y a une forte croissance démographique. Nous sollicitons l’appui des partenaires afin de renforcer et étendre le réseau d’adduction d’eau potable », indique M. Byamungu Compagnie, président du comité de gestion.
Munanira : des infrastructures détruites par les conflits
Dans le groupement de Munanira, en territoire de Kalehe, plusieurs bornes fontaines ont été détruites lors des affrontements armés survenus dans différents villages. L’accès à l’eau potable y est devenu difficile, favorisant l’apparition de cas de choléra, déjà signalés dans la zone.
Face à cette situation, l’organisation Caritas a procédé à la réhabilitation de certaines bornes fontaines, permettant à plusieurs robinets de fonctionner à nouveau et d’améliorer l’accès à l’eau potable pour les habitants.
« Avant, les habitants parcouraient de longues distances pour trouver de l’eau. La réhabilitation des bornes fontaines a permis de soulager la population », témoigne M. Freddy Mbingu Sky, président du comité de gestion de l’eau potable de Munanira.
Bukavu : plusieurs quartiers touchés
La ville de Bukavu est également confrontée à des difficultés d’approvisionnement en eau potable, notamment dans plusieurs avenues de la commune d’Ibanda. Les quartiers Muhungu, Voix du Congo, Météo 1 et 2, Camps SNEL et Essence Major Vangu figurent parmi les zones les plus affectées.
Cette pénurie expose la population à des maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde. Les femmes et les jeunes filles sont particulièrement exposées à des infections liées au manque d’eau et de conditions d’hygiène adéquates.
Appel à l’intervention des partenaires
Face à cette situation, les habitants des zones touchées appellent les autorités compétentes, organisations humanitaires et partenaires techniques à intervenir pour la construction, la réhabilitation et l’extension des infrastructures d’eau potable, afin de prévenir une aggravation de la situation sanitaire.
