Bukavu : Joseph Kabila revient sur ses 18 ans de pouvoir avec un bilan en quatre temps
À l’occasion d’une rencontre inédite avec une délégation de jeunes de Bukavu, l’ancien président Joseph Kabila Kabange a dressé un résumé de ses 18 années passées à la tête de la République démocratique du Congo.
Depuis sa ferme de Mbobero ce mercredi 25 juin2025 , il est revenu avec précision sur les quatre grandes séquences de son long mandat, livrant un bilan qu’il assume dans un contexte de crise nationale persistante ont rapporté à www.bkinfos.net/news/ certaines personnes qui ont participé à ces séances.
2001–2006 : Réunification du territoire
Nommé président après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001, Joseph Kabila hérite d’un pays morcelé, miné par deux guerres successives et des forces étrangères présentes sur son sol.
« Ma priorité a été de réunifier le pays, restaurer l’autorité de l’État et relancer les institutions. »
Cette période a été marquée par la signature de l’accord global et inclusif de Sun City (2002), la formation d’un gouvernement de transition et l’organisation du référendum constitutionnel de 2005.
2006–2010 : Lancement des Cinq chantiers
Élu au suffrage universel en 2006, Joseph Kabila engage son premier mandat constitutionnel sous le slogan des « Cinq chantiers » éducation, santé, routes, eau et électricité, logement.
« Après avoir parcouru le pays, j’ai compris à quel point le Congo manquait d’infrastructures de base. »
Des projets tels que la réhabilitation de routes nationales, la relance de l’université publique ou la réforme de l’armée sont lancés, souvent soutenus par des partenaires comme la Chine via les contrats dits « infrastructures contre minerais ».
2010–2014 : Un mandat sous tension, mais de continuité
Réélu en 2011 dans un scrutin contesté, Kabila poursuit ses chantiers dans un climat politique tendu et sous menace sécuritaire, notamment dans l’Est.
« Je me battais pour achever ce que j’avais commencé, malgré les critiques, malgré les menaces. »
C’est durant cette phase que le pays fait face à l’insurrection du M23, à la réforme de la police nationale, et à des projets phares comme le barrage de Katende, bien que ralentis par des difficultés de financement.
2014–2018 : Sous pression, vers une sortie de scène
Les dernières années de son mandat sont marquées par de fortes pressions internes et internationales en faveur de l’alternance démocratique.
« J’étais sous pression pour quitter le pouvoir, mais je suis resté fidèle à la Constitution. «
Malgré les reports des élections, Kabila finit par céder le pouvoir pacifiquement en janvier 2019, à l’issue d’un scrutin ayant porté Félix Tshisekedi à la présidence une première dans l’histoire du pays.
Face aux jeunes réunis à Mbobero, Kabila a reconnu que tout n’avait pas été accompli, mais il revendique un héritage d’unité, de stabilité relative et d’ouverture démocratique.
« J’ai laissé un pays en paix, un pays réunifié. Le reste, c’est à vous la jeunesse de continuer le combat. »
Sa sortie volontaire du pouvoir, sa posture discrète depuis 2019, puis son retour public à Mbobero en 2025, redessinent peu à peu l’image d’un homme politique qui veut se faire entendre à nouveau, sans pour autant chercher l’affrontement.
Interrogé sur ses ambitions futures, Joseph Kabila reste évasif. Mais il n’exclut pas de jouer un rôle dans la reconstruction du consensus national.
« Le Congo a besoin de vérité, de dialogue et de responsabilité. »
Son message à la jeunesse est clair : le futur du pays ne se gagnera pas par les armes, mais par la conscience, le travail et la foi dans l’avenir.
