Bukavu : les pêcheurs réclament un communiqué fort pour sauver les maternités de poissons du lac Kivu
À Bukavu, la pression monte autour de la protection du littoral du lac Kivu. Face à la raréfaction des poissons, les pêcheurs locaux pointent une solution claire : une décision politique immédiate, portée au plus haut niveau de la ville.
Selon plusieurs acteurs du secteur, seul un communiqué officiel du maire pourrait enclencher un véritable tournant dans la préservation des zones de reproduction des poissons, communément appelées « maternités ».
Une attente forte d’autorité
Sur le terrain, le diagnostic est partagé. Les initiatives communautaires existent, les alertes aussi. Mais sans un acte réglementaire ferme, elles restent inefficaces.
« Nous sommes conscients qu’un simple communiqué peut tout changer », explique un pêcheur du littoral.
L’objectif est précis est d’interdire formellement le déversement de terre dans le lac, une pratique jugée destructrice pour l’écosystème.
Le sol, ennemi silencieux du lac
Le problème est identifié sans ambiguïté. Le versement de sol dans les eaux du lac agit comme un facteur de destruction massive : il étouffe les zones de ponte,
détruit les habitats naturels,
chasse les poissons vers des zones moins productives.
Pour les pêcheurs, ce phénomène constitue aujourd’hui « le poison des poissons ».
Une première décision encourageante
La récente suspension des constructions et du morcellement des parcelles le long du lac, décidée par l’autorité provinciale, est saluée comme un signal fort. Elle montre une prise de conscience institutionnelle face à l’urgence écologique.
Mais pour les communautés locales, cette mesure reste incomplète.
« Le plus important maintenant, c’est d’interdire clairement le versement du sol dans le lac », insistent-ils.
Un levier stratégique pour l’économie locale
Au-delà de l’environnement, la préservation du lac Kivu représente un enjeu économique majeur. Une relance de la production halieutique permettrait de : réduire la dépendance aux importations de poissons,
renforcer la sécurité alimentaire,
soutenir les revenus des pêcheurs locaux. Le lac n’est pas seulement un espace naturel. Il est un pilier stratégique pour Bukavu.
L’heure des décisions rapides
Dans ce contexte, les pêcheurs appellent à une gouvernance plus réactive. Pour eux, la solution ne réside pas dans de longues études ou des projets coûteux, mais dans une décision simple, claire et immédiatement applicable.
Un communiqué. Une interdiction. Et potentiellement, le début de la renaissance du lac Kivu.
À Bukavu, la balle est désormais dans le camp des autorités urbaines.
