Spoliation des maisons de l’État à Bukavu : Le député Jérémie Basimane annonce avoir traduit en justice ses collègues députés
Accusé d’être l’un des principaux spoliateurs des maisons et parcelles de l’État dans la province du Sud-Kivu, le député provincial Jérémie Basimane élu de kabare rejette fermement les conclusions d’un rapport récent le mettant en cause.
Selon lui, ce document serait un plagiat d’un ancien rapport de 2019 signé par Méthode Nyamwaba et Jonas Mutiki Wa Lutala, modifié pour incriminer son nom. Il affirme détenir des preuves pour contester ces allégations et a saisi le Tribunal de grande instance de Bukavu pour « faux et usage de faux » et « calomnies » contre les membres de la commission à l’origine du rapport.
Les faits reprochés à Jérémie Basimane
Il est reproché à l’ex-ministre provincial en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Environnement et des Affaires foncières d’avoir directement participé à des morcellements illégaux de parcelles de l’État. Ces actes auraient notamment concerné des biens situés sur les avenues Route d’Uvira, Boulevard du Lac et Mbaki.
« je suis cité 20 fois dans ce rapport comme spoliateur a dit Jérémie BASIMANE au perchoir de l’hemicycle provincial avant d’ajouter que son ancien collegue Emmanuel NDIGAYA LAFANTAISIE 6 fois. C’est une machination politique financé depuis kinshasa pour nous invencer car ils ont amené même une femme tiktokeuse à l’heure de la plénière.Ces membres de la commission m’avaient déjà promis l’humiliation « à dit Jérémie
Des contrats de partenariat public-privé auraient été signés, mais la spoliation aurait empêché leur exécution. D’autres biens, comme les immeubles situés sur l’avenue Mimoza, ou encore les immeubles N°1 avenue Nyofu et N°3 avenue Kalehe, où il résiderait, sont également cités.
Le député est accusé de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger les biens de l’État, pourtant sous sa responsabilité ministérielle.
Selon le rapport, entre 2019 et 2024, 52 maisons avaient été spoliées, 67 laissées en mauvais état, et 78 dans un état critique.
Jérémie Basimane affirme être victime d’une machination politique visant à l’écarter de l’Assemblée provinciale. Il souligne que certaines des maisons mentionnées auraient été spoliées bien avant son mandat, notamment durant la période du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Il critique également la procédure de vote du rapport, qualifiant celle-ci de précipitée et biaisée par le président du Bureau définitif de l’Assemblée provinciale.
Ce dossier alimente un débat houleux au sein de l’Assemblée provinciale. Certains députés estiment que Jérémie Basimane devrait avoir la possibilité de se défendre devant la plénière. Cependant, d’autres craignent que cela ne rallonge indéfiniment les débats, impliquant potentiellement d’autres personnes citées dans le rapport.
Le dossier reste sensible et divise l’opinion publique à Bukavu. Tandis que l’affaire est portée devant la justice, la question de la gestion et de la protection des biens de l’État dans la province du Sud-Kivu demeure un enjeu crucial, soulevant des interrogations sur la transparence et la responsabilité des autorités locales.
Dossier suivre…
